Ep5_ Oser se lancer dans l’écriture

Épisode 5

Eau glaciale et encouragement

Hello !

On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel épisode du podcast aecriture ! j’espère que vous êtes en forme parce qu’on va se parler d’un sujet qui fait peur à beaucoup d’entre vous.

Vous voyez ce moment où vous êtes à la plage ?

Il fait si chaud que le sable bout sous votre serviette, votre peau est presque brûlante et vous avez grandement besoin de vous rafraîchir.

Vous y êtes ? Très bien.

C’est à ce moment-là, que vous vous dirigez vers la mer.

Mais après vous être cramé les pieds sur les galets, voilà que l’eau vous attrape les orteils.

Argh. Elle est glaciale.

Et finalement, ça ne semble plus une si bonne idée que ça de vous baigner.

Vous voyez où je veux en venir ?

Si vous n’avez pas suivi ma magnifique métaphore estivale, sachez qu’on va se parler de se jeter à l’eau. D’oser se lancer dans l’écriture de son roman.

Si vous êtes ici et que vous écoutez ma douce voix, c’est que normalement, vous aimez écrire, vous avez une idée de roman et peut-être même plusieurs.

Mais voilà. Il ne suffit pas d’avoir des idées, n’est-ce pas ?

Et vous savez le pire ? C’est que même après avoir fini le premier, il se peut que vous ayez tout autant peur d’écrire le deuxième.

Parce que chaque livre est un recommencement, la peur de se lancer peut être difficile à annihiler. Difficile, mais pas impossible, je vous rassure.

Alors venez me rejoindre sur la plage, on va y aller ensemble.

Bon, vous savez peut-être que dans ce podcast, j’aime vous poser des questions. Le but, c’est qu’on réfléchisse ensemble. Et puis, ça me permet de ne pas me sentir trop seule devant mon micro. J’ai un peu l’impression qu’on discute vraiment du coup. J’espère que pour vous, c’est pareil.

Donc, si vous avez un projet d’écriture, c’est qu’il y a de grandes chances que vous ayez en tête une idée, un concept, un personnage ou un univers. Alors en premier lieu, j’aimerais bien que vous vous demandiez pourquoi vous voulez écrire cette histoire.

Et je vous préviens, si j’en entends un me répondre « bah j’ai juste envie, quoi » je le fiche au coin. Parce qu’avoir envie, ce n’est pas suffisant. Une envie, c’est éphémère et si c’est le seul bagage que vous apportez sur notre plage, sincèrement, vous n’allez pas y rester longtemps.

Non, ce que je vous demande, c’est de chercher au fond de vous, la raison qui fait que votre idée, votre personnage vous reste dans la tête. Qui fait que vous avez besoin de poser sur le papier ou sur le clavier cette histoire. Qui fait que vous avez même peut-être envie de la voir publiée et lue par d’autres. Ce n’est pas une obligation, mais je vous laisse y réfléchir.

Une fois que vous aurez votre réponse, je veux que vous vous la notiez quelque part. Sur un post-it, votre carnet d’écriture, un joli papier. Mais en tout cas, je veux que vous la gardiez sous la main, prête à vous sauter à la figure dès que l’eau deviendra un peu trop froide.

Alors, oui, je vous préviens, je suis pas prête d’arrêter de filer la métaphore de ma plage. Faites-vous à cette idée tout de suite. Cette eau glacée, on va s’y plonger, je ne vous laisse pas le choix !

Bon, je reviens.

On disait donc, cette raison elle est très importante.

Elle peut évoluer au fil de l’écriture, se raffermir, se ramifier, s’ouvrir… mais jamais, elle ne doit se rétrécir, s’amenuiser. On peut écrire pour tout un tas de raisons. J’ai même presque envie de dire qu’il y existe autant de raisons qu’il existe d’idée de livres. Pas d’écrivain, pas de manuscrit, non. D’idée de livres.

Donc vous n’avez que l’embarras du choix pour trouver une raison. Vous pouvez le faire, je compte sur vous.

Bien. Maintenant que vos petits pieds se sentent un peu plus à l’aise dans l’eau, on va chercher à aller un peu plus loin.

Et cette fois, ma question, c’est un mastodonte. Comment écrit-on un roman ?

Vous ne le savez pas ? Moi non plus. (rire)

Non. Ne me croyez pas sur parole sur ce coup-là. Même si dans un sens, ce n’est pas totalement faux, vu qu’il n’y a en réalité aucune vérité fondamentale concernant la manière d’écrire un roman. Il est donc normal de vous sentir un peu perdu, démuni face à cette grande aventure. Mais regardez la chose d’une autre manière, maintenant, parce que la seule vraie façon d’écrire un roman, bah c’est la vôtre.

Eh ouais. Ça vous en bouche un coin, hein ?

Non, mais je ne rigole pas cette fois. Mais avant de couper cet épisode et de m’insulter, je vous propose quand même de parcourir deux-trois petites choses qu’il est plutôt utile de poser en amont de la rédaction.

Vous pouvez le faire dans n’importe quel ordre, par contre, là-dessus, je vous laisse quand même choisir.

En premier, je dirais qu’il faut définir votre univers. Si vous souhaitez écrire une histoire qui se passe dans notre monde, notre réalité, définissez juste où elle se passe, et les recherches que vous allez devoir faire pour rendre le truc plausible. Bah oui, parce que si votre histoire se place à Paris et que vous décidez que votre personnage habite en face du Louvre et va à pied à Montmartre en 10 minutes, vous allez avoir un petit souci de vraissemblance. C’est un exemple pourri, mais je pense que vous avez compris mon propos.

Si au contraire, vous partez sur un univers fantasy créé de toutes pièces, avec de la magie, une nouvelle religion, des clans, des trucs imaginaires dans tous les sens, il vous faut passer par l’étape worldbuilding. Cette étape, elle prend du temps, elle demande beaucoup d’imagination et aussi pas mal de pragmatisme pour faire tenir le tout.

On aura sans doute l’occasion d’en reparler dans un futur épisode.

Une fois que vous savez où l’histoire se déroule, vous devez définir ce qui s’y passe.

Les jardiniers, on se calme, je pars du principe que si vous n’avez pas encore osé vous lancer c’est qu’il faut que vous planifiez un tout petit peu en amont pour vous rassurer.

Et personnellement, je pense qu’il est toujours bon de savoir un minimum où l’on va pour se lancer dans la rédaction. Même si l’histoire change en chemin, ça permet de garder une certaine cohérence et une ligne directrice pour faire face aux aléas du quotidien et de la motivation.

Alors comment planifier tout ça ?

Vous avez, en gros, deux choix pour vous aider à le définir : soit ce sont vos personnages qui vous y amènent, soit c’est l’intrigue qui vous aide à tirer les personnages. Peut-être avez-vous déjà entendu parler des termes « plot driven story » ou « character driven story ». On y est totalement. Et ça, c’est en vous questionnant que vous allez trouver votre manière de faire.

Trouver un chemin d’intrigue peut s’avérer un peu long et tortueux, mais je vous promets, ça vaut le coup de s’accrocher. En fait, je trouve cette phase assez rigolote parce que votre histoire peut prendre n’importe quelle direction. C’est le moment de tester, en énumérant des possibilités, en vagabondant et en revenant. C’est une phase d’exploration, alors amusez-vous.

Une fois que vous aurez défini votre trame, avec plus ou moins de détails suivant ce qui vous convient, il est temps de dresser un portrait rapide de vos personnagesprincipaux.

Pour ça, rien de plus simple, remplissez une fiche de personnage pour retrouver toutes les infos dont vous aurez besoin et ainsi gagner du temps. Si vous le souhaitez, vous pouvez télécharger gratuitement la mienne sur mon site. Vous êtes encore une fois libre de la remplir avec autant de détails que vous voulez. Mais attention à ne pas se perdre non plus dans les choses infimes et inutiles qui risquent de vous brider pour la suite.

Bien.

Regardez-vous.

Sans même le savoir, vous avez de l’eau jusqu’aux fesses.

Alors je sais, je bas du ventre, c’est le plus dur. Mais elle n’est plus si glaciale que ça, cette eau, non ?

Bon.

Pour éviter l’hydrocution, on va continuer à y aller par étape. C’est parti pour se mouiller les bras, le torse et la nuque. Mais si, allez.

Donc pour ça, on va juste se poser une nouvelle question qui a quand même une sacrée importance pour faire tenir le tout.

Qu’est-ce que vous souhaitez dire à travers cette histoire ?

Ici, on se parle de thème, de message. Après avoir lu votre histoire, vous souhaitez que votre lecteur se rappelle de quoi ? Ressorte avec quelle valeur ? Quel goût ? Quel sentiment ?

Il n’y a aucune mauvaise réponse. Sauf si vous me dites que vous voulez un sentiment positif et de légèreté mais qu’à la fin de votre histoire, tout le monde meurt et le chien reste seul.

Et si ça, ce n’est pas assez antinomique pour vous, je ne sais pas ce qu’il vous faut !

Une fois que vous avez défini votre thème, on regarde une dernière fois l’ensemble de ce qu’on a fait. C’est cohérent ? Ça vous semble bien ?

Alors comptez avec moi… 5...

4...

3...

2...

1…

Voilà, vous êtes dans l’eau.

Et depuis tout ce temps, elle était à 22°. Avouez, vous n’avez qu’une envie, c’est d’y rester. Alors allez-y, nagez. Profitez de cette baignade. Mettez la tête sous l’eau, faites du snorkling, faites le poirier comme un enfant. Amusez-vous.

Je vous préviens, plus vous vous éloignez du bord, plus il y aura quelques courants froids. Mais si vous les passez avec courage, vous n’êtes pas prêt de regretter d’avoir plongé.

Écrire, ça semble compliqué, difficile, long. Ça l’est. Mais promis, ça ressemble beaucoup à cette mer fraîche sous un grand soleil d’été. Ça fait du bien, c’est nécessaire et ça mérite que l’on tente le coup.

Une prochaine fois, on se parlera sans doute du temps de baignade, du besoin de se reposer pour ne pas se noyer, de protéger sa tête contre l’insolation, sa peau contre les coups de soleil. Mais ce sera une autre fois. Maintenant, je veux juste vous laisser, serein dans l’étendue bleue autour de vous, à flotter de contentement d’avoir commencé votre livre.

Si vous rencontrez des difficultés et que le mentoring vous intéresse, vous pouvez me contacter en DM sur instagram ou directement sur mon site via le formulaire de contact. Peu importe où vous en êtes, on pourra travailler ensemble ce qui vous fait défaut.

Sur ce, moi je vous dis merci de m’avoir écoutée, j’espère que cet épisode vous a plu. Si c’est le cas, comme d’habitude, je vous demanderai de laisser un commentaire sur votre application de podcast, de vous abonner afin de rester au courant des nouveaux épisodes et de partager le podcast, c’est super pour le référencement et ça me soutient énormément.

On se retrouve bientôt pour un prochain épisode.

En attendant, c’était Isa d’aecriture, amour sur vous et écrivez bien !

Qu'avez-vous pensé de cet épisode ?

Isabelle Naneix EI - aecriture

© crédit photo : Pexels : Anna Shvets

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