Ep6_ Déterminer le thème de son roman

Épisode 6

Les histoires dans l'histoire

Hello !

Ça y est, à l’heure où j’enregistre cet épisode, le podcast vient officiellement d’être lancé. Vous avez pu avoir accès aux 5 premiers épisodes. Ouhlala.

Je suis un peu stressée, je vous avoue. J’espère tellement que ça va vous plaire ! Vous proposer ce podcast me tient beaucoup à cœur, j’y mets beaucoup de temps et d’énergie, ça me permet d’aborder des sujets en profondeur comme j’ai toujours voulu le faire… Donc j’espère que vous partagerez mon plaisir. Je n’ai pas encore vos retours, donc je vais tenter de faire abstraction de ce flou et me contenter de commencer ce sixième épisode sans plus attendre.

Bien.

Aujourd’hui, on va se parler du choix du thème d’un roman. En fait, le thème, pour faire simple, ce sont les questionnements, les thématiques ou sujets abordés tout au long de l’histoire. Par exemple, on peut se parler de quête identitaire, de violences conjugales, de discrimination, des relations humaines, familiales, du deuil… bref, un thème, ça brasse très large et ça permet d’étiqueter un peu votre réflexion.

Alors, en quoi c’est utile ? Eh bien ça l’est tout d’abord d’un point de vue marketing : c’est simple, en tant que lecteurs, vous avez sûrement des sujets qui vous attirent plus que d’autres. Certains vont être particulièrement sensibles à la cause des minorités, d’autres vont préférer qu’un livre aborde la question des troubles mentaux, du deuil, d’autres encore vont être rebutés par l’amour toxique… Bref, des sujets qui influent sur le cours de l’histoire et qui font qu’on va acheter un livre ou non. Voilà donc ce que j’entends par marketing.

Mais ce thème, il est important lorsque votre livre est en librairie, mais aussi lorsque vous le soumettez à des maisons d’édition.

En effet, il y a des thèmes que les maisons d’édition vont adorer, car elles y voient le potentiel commercial certes, mais pour certaines, c’est aussi parce que ce thème va véhiculer leurs valeurs, que ça aborde un sujet précis qu’elles souhaitent mettre en avant ou qui rentre tout particulièrement dans leur ligne éditoriale. Donc connaître les thèmes de son roman est un réel avantage lors de la vente, après, mais aussi avant publication.

Pour l’instant, je pense qu’il n’y a pas de problème à voir l’importance du thème. Mais s’il est essentiel de le connaître pour la soumission, qu’en est-il au moment de l’écriture ? Quelle place doit-il prendre dans votre réflexion ou votre planification ?

Eh bien là, j’ai envie de vous dire que cela dépend de vous. De votre manière d’appréhender l’écriture, de planifier ou de vous inspirer. Parce qu’au niveau de l’écriture, le thème, c’est ce qui va vous permettre de tirer le fil d’une réflexion, de faire ressortir votre point de vue ou une morale… En fait, le thème fait partie intégrante du message que votre récit va véhiculer.

C’est donc un gros morceau de votre roman, mais il n’est pas toujours simple de le faire ressortir ou de l'identifier.

Alors. Généralement, il y a plusieurs thèmes dans un bouquin. Après, il y en a un qui est toujours un peu plus fort, un peu plus central au récit, par rapport aux autres. C’est un thème qui va filer l’intrigue. Mais attention : ça ne veut pas dire que les thèmes secondaires sont moins importants. Même s’ils sont mis au second plan, c’est eux qui vont donner du corps à l’histoire, faire ressortir la personnalité de certains personnages, leurs différences et traiter de leur vécu. Ce qui fait qu’en vérité, votre thème principal ne sera pas nécessairement celui que le lecteur va le plus apprécier. Et surtout, un thème secondaire peut venir enrichir la réflexion autour du premier.

Je m’explique. Si le thème principal de votre roman est l’émancipation et le passage à l’âge adulte, les thèmes secondaires vont pouvoir être le regard des autres, l’indépendance, le deuil, le premier amour, la violence de la réalité… Tous ces thèmes vont pouvoir alimenter votre propos : lorsqu’on devient adulte, on apprend à mieux s’affranchir du regard des autres, à en jouer ; on devient adulte parfois plus tôt à cause de la perte d’un être cher ; on devient adulte lorsqu’on apprend à faire face au quotidien, à la frustration, au fait que la vie doit être vécue en vrai et non à travers des ersatz imaginaires…

Bref, tout ça va venir questionner la manière dont votre personnage va passer les épreuves que vous lui infligez.

La question du thème, elle est présente dans n’importe quel type de récit. Qu’on se parle de blanche, de Young Adult, de fantastique, ou de policier, on retrouve à chaque fois, des thèmes, des messages. Votre genre va en quelque sorte déterminer comment vous allez choisir de les traiter, avec qui, par quel type d’épreuves, etc. C’est pour cela qu’un thème ne sera pas abordé de la même manière selon l’auteur, mais également en fonction du type de récit que vous avez choisi d’écrire. On ne traitera pas l’amitié dans un livre jeunesse de la même façon qu’on le traiterait dans la littérature blanche.

Donc, un thème est influencé par le genre. Mais l’inverse est aussi vrai.

Un thème, ça peut vous permettre de savoir dans quel genre vous écrivez. La quête identitaire, la découverte de ses limites, le passage à l’âge adulte sont souvent des thèmes du Young Adult, par exemple. Et ce, même si au départ, vous n’aviez pas l’intention d’écrire du Young Adult, le savoir peut vous aider à recalibrer votre histoire pour soit, diminuer l’importance de ce thème afin de toucher un public plus adulte, soit assumer ce genre et revoir quelques péripéties pour les rendre attractives pour ses lecteurs.

Mais alors, quand est-ce qu’on détermine les thèmes de son histoire ?

Je dirai qu’il n’y a pas de manière unique pour ça et que souvent, un thème s’impose à vous via l’histoire que vous avez prévu de dérouler. Certaines péripéties vont même suinter d’un thème fort alors qu’au départ, vous ne l’aviez pas vu venir.

Mais la réponse n’est, encore une fois, pas linéaire. Parce que vous pouvez aussi partir du thème pour écrire votre histoire : par exemple, « je veux écrire sur les violences conjugales », « Il s’agit d’une histoire de vengeance », « je veux que mon thriller tourne autour des secrets d’État »…

Ici, vous l’avez sans doute remarqué, on peut voir que l’intention de votre histoire est directement liée à son thème principal. Généralement, celui-là, vous devriez l’avoir facilement, comme s’il coulait de source.

Mais parfois, même le thème principal n’est pas évident à faire ressortir. N’oubliez pas qu’il s’agit toujours d’un mélange de thèmes, et si l’un ne surpasse pas les autres au premier abord, ce n’est pas très grave.

Parce que vos thèmes, vous les découvrirez réellement au fil du premier jet. Si ça se trouve, vous allez vous rendre compte qu’un thème que vous pensiez ultra important, bah finalement, ne l’est pas tant que ça dans votre histoire. Ce n’est pas que c’est un mauvais thème, c’est juste que votre histoire, vos personnages, ne sont pas les bons outils pour creuser autour. Mais ne désespérez pas, vous pourrez toujours le faire lors de votre prochain bouquin.

Il y a plein de thèmes comme ça que je pensais aborder dans mon roman, et finalement, en resserrant l’histoire, en remodelant des trucs, de nouveaux ont émergé et j’ai laissé tomber ce que j’avais prévu. Et sincèrement, je pense que c’est pour le mieux. Alors oui, il y a beaucoup de choses que j’aurais aimé traiter. Mais je crois qu’il ne faut en aucun cas forcer un thème dans son histoire. Ça va seulement la dénaturer, créer des situations incohérentes, gâcher la fluidité de l’ensemble. Le but d’un thème, c’est un peu comme la planche pour le surfeur. Il sert à faire glisser le perso sur la vague de l’histoire, mais si vous lui changez sa trajectoire, c’est le plouf assuré.

Le thème, donc, est important pour une histoire. Il impacte le message de votre récit, ce que vous voulez que le lecteur garde avec lui après la lecture. Il doit aussi vous inspirer.

Afin de trouver les meilleures idées de péripéties, de scènes, etc., j’aime bien laisser mon imagination travailler autour du thème. Que m’évoque l’idée de vengeance ? Quelle phrase me vient lorsque je pense « trahison » ? Quelles tensions retrouve-t-on lorsque l’on parle des relations père-fils ? Se questionner sur son thème est, à mon sens, très bénéfique pendant l’étape de brainstorming préliminaire.

Parce qu’une histoire ne vous vient pas toujours de la même façon, il va falloir que vous restiez ouvert à la question des thèmes. Ils peuvent se modifier au fil de la plume, impacter votre vision du monde, voire même, lancer l’histoire sur un rail que vous n’auriez jamais pensé emprunter.

Et parfois, un thème vous fait douter de votre légitimité à écrire votre histoire. Parce que certaines questions vont prendre plus d’importance, vous allez parfois vous demander si vous avez raison de les aborder. Si vous êtes confronté à ce cas de figure, je vous encourage à vous renseigner autour de ce thème. Et si vous avez peur de la réaction des gens vis-à-vis de votre façon d’aborder la maladie, un handicap ou tout autre thème de société qui pourrait s’avérer touchy, sachez qu’il existe des sensitivity readers pour vous aider à prendre confiance.

Mais qui sont les sensitivity readers ? Ce sont tout simplement des bêta-lecteurs spécialisés sur une question précise. Ces lecteurs vous permettent de savoir si vous traitez le sujet d’une façon juste, si vous ne répandez pas des clichés néfastes. Par exemple, Margot Dessenne, pour son roman Absolu, a fait appel à une sensitivity reader pour son personnage Zuzanna. Margot Dessenne n’étant pas sourde, cela lui a permis d’ajuster certaines scènes afin de ne pas tomber à côté et de perdre des lecteurs.

Si les sensitivity readers peuvent être bénéfiques, attention quand même à ne pas dénaturer votre propos pour leur faire plaisir. N’oublions pas que chaque personne est différente et que donc, même si votre reader connaît mieux le sujet que vous, cette bêta-lecture spécifique restera uniquement l’avis d’une seule et unique personne.

J’aimerais terminer cet épisode sur la nécessité de donner du fond aux thèmes que vous abordez.

Entendez-moi bien. Un thème donne du fond à votre histoire, mais votre histoire doit donner de la texture au thème, une piste de réflexion si ce n’est une solution. Un thème abordé de manière superficielle n’apporte aucune plus-value à votre histoire. Aussi divertissante que soit votre histoire, si les thèmes abordés ne sont qu’effleurés, le lecteur ressortira avec une impression de déjà-vu ou de déception. Un livre comporte toujours un message, même s’il n’est jamais aussi visible que dans les contes ou les fables.

En somme, ne faites donc pas l’impasse sur le thème, il vous aide à toucher vos lecteurs, mais aussi les maisons d’édition.

Si vous avez du mal à identifier les thèmes de votre livre, vous pouvez me contacter en DM sur instagram ou directement sur mon site via le formulaire de contact. Que ce soit pour vous aider à brainstormer ou au moment d’écrire votre dossier de soumission, je peux vous aider à identifier clairement les thèmes qui constituent votre récit.

Sur ce, moi je vous dis merci de m’avoir écoutée, j’espère que cet épisode vous a plu. Si c’est le cas, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur votre application de podcast, vous abonner si ce n’est pas déjà fait et de partager cet épisode, c’est super pour le référencement et ça me soutient énormément.

On se retrouve bientôt pour un prochain épisode.

En attendant, c’était Isa d’aecriture, amour sur vous et écrivez bien !

Qu'avez-vous pensé de cet épisode ?

Isabelle Naneix EI - aecriture

© crédit photo : Pexels : Anna Shvets

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