Démotivation et déprime

Hello !
Bienvenue pour ce tout premier épisode de podcast ! Je suis à la fois terrifiée et impatiente de vous le partager. C’est une toute nouvelle aventure et un exercice plutôt étrange de se parler toute seule. Je n’avais encore jamais fait ça, donc soyez un peu indulgent, je débute.
Si vous m’écoutez, c’est peut-être que vous me suivez déjà sur instagram. J’ai lancé aecriture en novembre 2023 et la communauté a bien grandi depuis. Vous êtes aujourd’hui plus de 1500 abonnés et je trouve ça formidable. En plus, vous êtes nombreux à m’envoyer des messages de soutien, des questions et ça me fait chaud au cœur.
D’ailleurs, le sujet du premier épisode me vient de vous, de certains de ces messages, justement. Plusieurs d’entre vous m’ont contacté et m’ont dit, à un moment ou à un autre, « j’aimerais avoir ta motivation ».
Alors, je dois vous dire que j’ai un peu buggé en lisant ces mots et surtout, je me dis qu’il va falloir être honnête avec vous sur ce point-là.
Voilà.
Je n’ai pas une motivation de dingue.
Je ne suis vraiment pas une entrepreneuse dans l’âme. Il y a un an et demi, quitter mon travail de salarié dans la pub et me lancer dans l’aventure de l’accompagnement m’avait paru le projet le plus simple au monde. Ça semblait couler de source, ça alliait mon appétence pour l’écriture, la psychologie et l’accompagnement. J’aime écrire, je veux partager ma passion et aider les autres à développer leur projet. Je débordais d’enthousiasme, d’énergie et de conviction.
Et si ma volonté première ne m’a pas quittée, l’enthousiasme et l’énergie, si. Et la motivation, n’en parlons pas.
Alors attention, je ne suis pas en train de vous dire qu’au bout de deux épisodes et même pas un an de réseaux, je vais abandonner, loin de là. Mais je veux juste vous confier une petite part de moi qui, je pense, pourrait peut-être raisonner en vous.
La vérité est là : je ne me suis jamais vue comme quelqu’un de très dynamique. J’ai même parfois de gros moments de down. Je vais être honnête, depuis l’adolescence, et ça commence à remonter, maintenant, j’oscille régulièrement entre normalité et dépression.
Alors, on est bien loin de l’entrepreneure dynamique que j’aimerais être. Je ne serais jamais cette nana enjouée, toujours partante pour rencontrer des gens, toujours en énergie positive et prête à tout. Non. Je suis l’autre pendant de l’entrepreneure. Celle qui galère une fois sur deux pour commencer sa journée, repousser ses doutes et continuer d’avancer. Celle qui parfois ne sait pas où elle va et a besoin de trouver du soutien.
Je suis comme vous, en fait. Peut-être un peu trop.
Quand vous me voyez sur Insta, comme tout instagrameur, je peux paraître à l’aise parce que je fais attention aux photos et aux vidéos que je poste. Alors qu’en fait, je doute constamment sur la pertinence de mon propos, je me juge continuellement sur l’image que je renvoie et j’ai peur à chaque fois que je vois la notification d’un message ou d’un commentaire.
Pourtant, vous êtes toujours mignons avec moi. J’ai la chance d’avoir été épargnée par les haters et je vous remercie de toute cette bienveillance. Sans elle, de toute manière, je n’aurais sans doute pas eu la force de continuer.
Car il y a des fois où vraiment, c’est difficile. Tout comme pour l’écriture, d’ailleurs.
Vous connaissez sans doute le problème, au début, un projet vous porte, vous avez assez de motivation pour vous dire « j’aurais fini mon roman dans 3 mois ». Pourtant, la réalité nous rattrape souvent en cours de route.
Alors, je suis admirative de ces gens qui avancent contre vents et marées et qui ne reculent devant rien, faisant fi des obstacles et de leurs émotions. Ce n’est pas mon cas. Et je tenais à vous le dire.
Sur les réseaux, on ne peut pas tout montrer. Voir quelqu’un au plus bas de son mental n’a rien de boostant. Ce serait même contreproductif et personne, autant vous que moi, n’a envie de ça. Mais je veux profiter de ce podcast pour vous parler plus en profondeur. Pour aborder des thèmes parfois difficiles avec plus de liberté. C’est un peu pour ça que c’est aussi le premier sujet. Celui qui va poser la base de tout ça. Parce que je veux que vous sachiez que vos doutes, je les ai sûrement ressentis. Que vos déprimes, y a des chances que je les ai vécues aussi.
Alors je ne suis pas là pour chouiner, mais juste pour vous faire comprendre que si un jour vous n’avez plus la motivation, plus l’envie, que vous avez l’impression de tout faire mal et de ne jamais pouvoir réussir, vous n’êtes pas seul. Je suis même persuadée que nombre d’entre nous le connaissent très bien aussi.
La peur, le doute, c’est ce qui nous fait reconsidérer la réalité, la fiabilité de nos positions, le bénéfice de nos actions, ce qui nous fait avancer. Mais au moment où le doute s’installe, quand la peur prend le dessus, on a tendance à voir notre horizon plus petit, à diminuer nos possibilités. Peu à peu, ça nous immobilise.
J’ai envie de vous illustrer ça par l’expérience. C’est le moment storytime de cet épisode, attention.
Je vais reprendre au début. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai toujours aimé écrire, mais je le faisais en dilettante, par bribe, quand ça me venait et sans réelle histoire en tête. Enfin, pendant longtemps j’ai pratiqué le shifting sans le savoir, mais je n’écrivais pas les scénarios que je déroulais.
Jusqu’au jour où j’ai commencé à travailler sur Sulvania, ma duologie fantasy.
Là, j’ai eu l’envie d’écrire.
Cette envie, elle m’a presque dévorée, si bien que je me suis lancée corps et âme dans l’écriture du tome 1, sans savoir ce que je faisais. J’avais quelques notions de scénario grâce à mes études, mais rien de bien concret. Donc ça m’a pris du temps. Beaucoup de temps.
Et parfois je me sentais perdue. Mais comme mon univers ne voulait pas me lâcher, j’y revenais toujours.
Comme j’ai le souci du détail et que je déteste être perdue, j’ai fini par me renseigner sur les méthodes d’écriture, par lire beaucoup et analyser les schémas narratifs. Jusqu’à participer à la formation Licares, qui m’a remis pas mal d’idées en place et m’a boostée pour finir enfin mon roman. Enfin mon premier jet, vous savez comment ça se passe.
Quand il a fallu passer à la réécriture, ça a été long aussi.
Sans que je m’en rende compte, ce premier jet m’avait vidée.
En vrai, je pense que j’avais écrit l’équivalent de trois romans, tellement j’ai recommencé le premier jet. J’ai perdu tellement d’énergie à écrire sans savoir où j’allais ni ce que je faisais qu’au moment de la réécriture, j’avais peur de retomber dans ce labyrinthe. Et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé. Ce que je relisais était médiocre, je ne ressentais plus rien, il fallait que j’ajoute ceci, que je change cela… Bref, je suis sûre qu’à votre mesure vous êtes déjà passé par ça. En tout cas, ça m’a pris des plombes.
Mon tome 1 fini, je n’en pouvais plus. J’avais le tome 2 en tête, mais j’étais en quelque sorte en rejet de mon univers. Donc j’ai voulu faire une pause et essayer autre chose.
Je me suis égarée quelques mois autour d’un light polar puis je suis revenue à Sulvania. L’envie était de nouveau là.
J’ai réussi à maintenir un certain rythme de croisière malgré de nombreuses phases difficiles. Puis à mon retour du Japon, plus rien. Comme ça me prend parfois, j’étais en down. Le voyage m’avait exténuée, le décès de ma grand-mère m’a frappée de plein fouet, j’étais grippée jusqu’aux orteils, j’avais des problèmes de site internet par-dessus le marché…
J’étais en rejet complet de ma réalité Française.
Plus rien n’avait de sens, de goût, d’avenir. Rien. Je doutais de ma capacité à vous aider, à trouver des sujets, à continuer. Je n’avais plus aucune énergie. Ni pour me battre, ni pour réfléchir et surtout, surtout pas pour écrire.
Pourtant, avant de partir, j’étais contente de moi, j’arrivais enfin à un moment de l’histoire que je tenais bien dans ma tête. Mais en rentrant, ce moment de flottement, cette catatonie, presque, a failli avoir raison de moi. Pourtant, j’ai les bons réflexes de planification, j’ai des outils d’écriture tout prêt, je suis à même de continuer mon récit. Mais la peur a pris le dessus. La peur de m’embourber dans le marasme que j’avais traversé pour le tome 1. La peur que mon histoire n’intéresse personne. Que mon intrigue soit ennuyante. Que mes personnages soient plats. Que mon univers soit osef. Il y avait une voix dans ma tête qui voyait tout en noir et me donnait l’impression que je ne savais plus aligner 3 mots.
Un bon syndrôme du milieu, mêlé en plus à une phase dépressive. J’étais au fond du trou.
Alors, pourquoi je vous dis ça ?
Je devrai plutôt vous parler de mes succès, me montrer au top de ma forme et déblatérer des slogans positifs pour vous empêcher de ressentir toute émotion négative. Non ?
Non. Je ne vois pas mon métier comme ça, ni l’accompagnement. Je vous en parle pour vous dire que des moments comme ça, ça arrive, et qu’on n’y peut rien. Contre un simple blocage, on peut s’armer d’exercice, de patience et d’outils pour faire face. Mais que contre certaines peurs, certains doutes, il faut surtout se préserver. Attendre que la marée redescende pour reprendre pied.
Parce que rien n’est perdu. En laissant le temps au temps, je reprends peu à peu l’envie de continuer mon histoire. Je n’en suis pas à reprendre mon rythme de 2000 mots par jour, mais je reprends confiance en moi. Peu à peu, mon énergie se nourrit et se renforce. Je me sens plus stable sur mes jambes, je commence à reconnaître le chemin.
Bon alors, je ne sais pas si je ne me tire pas une balle dans le pied en vous avouant ça. Peut-être que beaucoup d’entre vous vont voir en moi quelqu’un de faible, incapable de vous aider ou de vous accompagner. Mais j’ai envie de tenter le coup. De faire de ma faiblesse une force pour entrer en empathie avec vous. Parce qu’on se sent rapidement seul et incompris face à son écriture et que moi, ça m’a fait du bien d’entendre des auteurs dire qu’ils n’y arrivaient plus. Parce que je cherche sans cesse de nouvelles manières de surmonter mes moments de down, j’ai pas mal de résilience et d’outils à vous proposer.
La preuve : la voix dans ma tête est si parfois convaincante que j’ai l’impression que tout ce que je peux faire c’est abandonner. Mais heureusement, après tant d’années de cohabitation, on apprend à ne pas toujours l’écouter, cette voix. Je la considère seulement pour ce qu’elle est : la voix off d’une peur. J’accepte sa présence, sa manière d’alimenter ma dépression, ma fatigue, mon manque d’envie. J’apprends à l’écouter et à la mettre de côté.
Pour ça, je travaille sur ce qu’elle me dit.
Par exemple, premier point : Je ne vais pas réussir.
Qui le dit ? Perso, je ne vois pas l’avenir. La seule chose qui est sûre aujourd’hui, c’est que si j’abandonne, là, on pourra dire que j’ai échoué. Il faut laisser le temps au temps. Le temps de reconstruire, le temps de faire, le temps d’évoluer. J’ai tendance à manquer de patience sur mes résultats et pourtant, rien ne se crée en un jour. Il en est de même dans l’écriture. Certes, je fais des pauses, j’ai des moments où je n’écris plus, mais tant que je n’abandonne pas, je suis toujours en train d’écrire mon roman. Cette porte reste ouverte, je peux réussir.
Ensuite : Je ne suis pas faite pour l’entreprenariat.
Alors là, je ne vais pas mentir, ce n’est pas ma vocation. Vous l’avez peut-être compris, mais je fais partie de ces gens qui se laissent facilement bercer par le fait d’être un subalterne, par le fait qu’on lui dise quoi faire. Surtout quand l’envie n’est pas là. C’est bien pour ça que je suis restée aussi longtemps dans mon dernier job, d’ailleurs. La facilité, c’est réconfortant, j’avais plein d’avantages, des congés, des tickets restau et quand j’étais down, j’avais juste à faire ce qu’on me demandait, en pilote automatique. Quoi qu’il, j’étais payée. Que mes douleurs d’endométriose m’empêchent de réfléchir, que je sois en pleine forme ou en pleine remise en question, ça ne changeait rien. Et pourtant, cela m’a bouffée pendant 10 ans. Le métier de créatif publicitaire n’a rien d’exaltant quand on se développe en parallèle de la société de consommation. Quand on veut faire entrer les gens dans notre univers, mais qu’on a que 10 secondes de préroll pour raconter une histoire qui donne envie d’acheter. Quand on pense différemment que le directeur de création. Quand nos idées se font bâcher ou que le client les réduit à peau de chagrin parce qu’il veut une promo toujours plus impactante.
Rien que de me replonger dans ces souvenirs, je sens que l’angoisse me reprend. Non, je n’étais pas mieux là-bas, bien à l’abri derrière mon écran. Même si c’est dur de se motiver, d’avancer, de trouver l’énergie par soi-même, qu’elle me fait souvent peur, je ne regrette pas la décision qui m’a fait reprendre le contrôle de ma vie.
Parce que le sujet de cet épisode, en fait, il est là, je crois.
Je ne suis pas inébranlable, énergique et positive. Vous non plus, peut-être. Et pourtant, on peut tous réussir le but que l’on se fixe si on le fait pour les bonnes raisons et en accord avec soi.
Nous portons tous notre fardeau, nous avons tous notre vie de chien, nos impératifs ou une douleur prête à nous stopper dans notre élan. Mais y a pas de raison réelle pour qu’on le fasse pas.
De ce podcast, j’aimerais que vous vous souveniez de ça :
Ce n’est pas parce que vous doutez que vous n’y arriverez pas.
Ce n’est pas parce que vous vous sentez nul que vous l’êtes.
Ce n’est pas parce que vous fatiguez que vous n’êtes pas endurant.
Nous ne sommes pas nos pensées. Nous ne sommes pas nos limites.
S’arrêter un instant pour se ressourcer n’est pas la fin de l’aventure.
Un projet, qu’il soit professionnel, familial ou d’écriture, est un chemin souvent long et difficile. Il est donc normal de ressentir des hauts et des bas durant le trajet.
Il est normal de douter, d’avoir peur, de procrastiner.
Et c’est la reine de la procrastination qui vous le dit. Ce sont des processus normaux que notre cerveau met en place quand un changement lui semble trop brutal. Écrire est une aventure déroutante et il a du mal parfois à faire face. Mais vous pouvez y arriver. Franchement, si j’ai pu finir mon premier tome, vous le pouvez aussi.
Voilà, c’est tout ce que je voulais vous dire pour ce premier épisode de podcast. J’espère qu’il vous aura mis un peu de baume au cœur et qu’il vous donnera envie de vous accorder le temps de réussir.
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C’était Isa, on se retrouve bientôt pour un prochain épisode.
D’ici-là, amour sur vous et écrivez bien !
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Isabelle Naneix EI - aecriture
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