Ep9_ Le genre du Young Adult

Épisode 9

Qu'est-ce qui le définit ?

Hello !

Je suis super contente de vous retrouver pour ce nouvel épisode de podcast.

Merci pour les gentils messages à propos du dernier épisode, vous êtes super. Quand je reçois tout ça, j’ai vraiment l’impression que partager mon expérience a du sens, que ça vous aide à avancer et j’en suis ravie. Alors MERCI.

Bon. Voici donc le sujet que je vous avais concocté pour la semaine dernière. Si vous me suivez sur mon compte auteur, vous savez que je poste souvent mes lectures du moment et que depuis quelque temps, il y a un genre qui revient tout particulièrement : le Young Adult. Et en particulier, le Young Adult fantastique.

Alors, est-ce que vous connaissez le Young Adult ?

C’est un genre marketing qui est en train de se développer et qui tend à parler aux «jeunes» adultes, comme son nom l’indique. On est donc sur un public adolescent, mais aussi post-adolescent. Cependant, attention, suivant les maisons d’édition, le Young Adult peut aussi être lu par le public pré-ado, donc les 10-13 ans. Tous les sujets ne sont alors pas à aborder de la même manière.

Si votre public fait partie de la tranche la plus âgé, on se parlera de New Adult (de 18 à 30 ans). Cela rentre dans la catégorie Young Adult, mais toutes les maisons d’édition n’en font pas, préférant le public adolescent.

Pffiou… Compliqué, n’est-ce pas ?

En fait, je crois que je profite de ce podcast pour moi-même faire le point.

Je vous l’ai dit la dernière fois, je pense que mon roman peut s’inscrire dans du Young Adult. Donc depuis que j’ai envoyé ma soumission au concours de BigBang, je me suis renseignée peu à peu sur le sujet, je me suis intéressée à pas mal de romans du moment, afin de savoir quels sont les atouts et qu’est-ce qu’il pourrait manquer dans mon roman pour fitter dans cette catégorie.

Et je me dis que je peux le proposer en New Adult, mais que pour du Young Adult plus global, il manque sans doute de rebondissements, d’un rythme effréné, etc.

Eh oui, je l’ai plutôt abordé comme un tome de fantasy classique, avec aussi pas mal de psychologie dedans, donc des moments de pauses et d’enquête. Ce n’est pas un Absolu ou un Fourth Wing avec dix mille grosses péripéties à la suite. Des péripéties, j’en ai, hein, mais il n’en ressort pas cette frénésie incessante qu’on retrouve dans certains tomes du genre.

Tout simplement car j’aime les rebondissements, mais j’ai parfois du mal avec certains bouquins sous coke où au final, on ne développe pas vraiment les personnages, seulement les rebondissements.

Enfin. Je vais arrêter là sur mon propre questionnement et repartir sur ce qui vous intéresse plus particulièrement.

Donc c’est parti : comment écrit-on du Young Adult ?

La première question que vous devez vous poser, c’est « pour qui j’écris cette histoire ?»

Car je l’ai évoqué, on n’écrit pas en prenant les 10-13 ans en considération comme on écrit du New Adult. Les attentes ne sont pas les mêmes, la violence, les trigger warning ou la présence de sexe font qu’on ne s’adresse pas à la même cible.

Ensuite, allons plus loin : que lit notre cible ?De quoi a-t-elle l’habitude ?

Ces questions sont toujours bonnes à se poser quel que soit le genre dans lequel vous écrivez. Si vous souhaitez publier, soyez au courant de ce qui se fait, non pas pour copier, mais pour connaître les forces et faiblesses de votre roman afin de mieux le vendre et ajuster certaines choses si besoin est.

Ensuite, comme la catégorie du Young Adult est plus une question de lecteurs que de genre à proprement parler, vous devez définir le genre de votre histoire. Est-ce que ce sera de la fantasy, de la romance, de l’autofiction ? On ne va pas se mentir, si tous les genres peuvent être explorés, il y en a quand même qui ont le vent en poupe ces dernières années : la romance et notamment la romantasy et la fantasy ou la dystopie. Sans trop de surprise, les mondes imaginaires ou les futurs inventés fonctionnent bien dans la catégorie.

Donc écrivez ce que vous voulez, mais vous êtes prévenus.

Ensuite, le public Young Adult va rechercher un personnage principal auquel s’identifier la plupart du temps. Et comme on est un peu auto-centré lorsqu’on est ado, on a, dans le YA, des personnages jeunes en priorité. Et quand je dis « jeunes », c’est généralement du 16 à 26 ans.

Alors avec un roman chorale, vous serez un peu plus libre dans vos choix et le développement de vos personnages, mais généralement, c’est ce qu’on retrouve : par exemple :

- Hunger Games : Katniss Everdeen a 16 ans lors du premier tome ;

- Au début de Labyrinthe, Thomas a 16 ans aussi ;

- Dans Divergente, Beatrice Prior a 16 ans ;

- Dans La Passeuse de Mots, Arya a 19 ans.

- Pour un exemple de roman chorale, on peut se parler d’Absolu où les deux premiers protagonistes ont 20 ans, mais les autres sont plus âgés, jusqu’à 30 ans je crois.

Donc en gros, vous voyez ce que je veux dire.

Et ce personnage, généralement, il a une faille relative à l’adolescence, ou aux premières années de la vie d’adulte : il manque de confiance en lui, il a des problèmes d’anxiété, il a des difficultés avec les autres, il ne rentre pas dans le moule de la société, se rebelle contre ses lois et questionne souvent la réalité. Ce n’est bien sûr qu’un trait grossier, mais ce sont des thématiques récurrentes.

Pour parler des thèmes, on va souvent aborder ceux qui sont en rapport avec ce que l’on vient de se dire. On va retrouver les thématiques de la découverte de soi, de la quête d’identité, des origines, du rapport aux autres, de la découverte du monde ou de la prise de responsabilité. Tous les thèmes qui vont évoquer le passage à l’âge adulte.

On pourra donc parler des premiers amours, de sexualité, de harcèlement, de complexes, de handicap, de troubles mentaux, de se trouver soi-même, des rapports avec les parents et l’émancipation.

On peut se parler aussi de découverte du monde, de sécurité, d’innocence, etc. Franchement, des thèmes YA, il y en a une multitude, je ne peux pas tous les citer, mais ça tourne généralement autour de ça.

Avec nos étoiles contraires par exemple, on parle aussi de la maladie infantile, donc ça peut très bien aborder des thèmes sérieux, mais avec un regard jeune adulte. Parce qu’il est vrai que le rapport à la maladie n’est pas le même lorsqu’on a 18 ans que quand on en a 50. Même si c’est chaud de développer un cancer à 50 ans, la réflexion autour de l’acceptation, de ce que tu perds, de ce que tu risques, ne sera pas la même.

Donc le Young Adult permet un nouveau questionnement autour de questions sérieuses, mais également la réassurance nécessaire à certaines étapes de la vie. C’est un genre finalement assez sympa à explorer et j’aime le savoir florissant.

Par rapport à la jeunesse, qui peut aborder elle aussi des thèmes sérieux, on a quand même une volonté de traiter le lecteur en tant qu’adulte. En fait, un bon Young Adult réside dans sa capacité à toucher un public dit jeune, mais avec des réflexions d’adulte. Avec parfois même la dureté du regard adulte. Dans le YA, il peut y avoir du trash, il peut y avoir de la violence, des trigger warning dans tous les sens.

Girl in Piece, qui a vu sa communication atteindre des sommets sur TikTok, aborde des sujets hyper glauques comme l’auto-mutilation, les troubles mentaux ou la dépendance. C’est un livre pour un public averti, mais ça reste du Young Adult. Kathleen Glasgow dit les choses crûment, avec une histoire basée sur son expérience. Et c’est ce qui a fait que son livre a marché. Le public Young Adult est un public qui veut qu’on lui parle en adulte. Qu’on arrête d’édulcorer les choses tout en vivant des histoires fortes émotionnellement.

Alors, je ne vais pas vous mentir, la diffusion du Young Adult est, selon moi, principalement marketing. C’est un genre qui se développe pour des besoins de vente. Il existe des questionnements adolescents, des thématiques qui leur sont singulières, mais pendant longtemps, on trouvait nos réponses dans les romans catégorisés « adultes ». Mais depuis qu’on a vu émerger la notion d’adulescent, j’imagine qu’il y avait un filon à exploiter. Et si le genre vient des Etats-Unis, cela ne fait que renforcer l’idée qu’il y a du pognon à ce faire auprès de cette cible. Genre, vraiment beaucoup de pognon.

Et je dis ça en étant tout à fait consciente que je fais partie de cette catégorie de lecteurs. Donc aucun jugement de valeur. J’ai 33 ans et je kiffe le Young Adult. Je le dévore en série, en livre ou en film. Faut juste que ce soit un peu plus adult que young, mais ça, ça a d’ailleurs toujours été le cas pour moi.

En fait, je suis critique du besoin de créer cette catégorie, mais j’aime cette catégorie. Je suis contente d’en lire et je suis ravie d’avoir découvert que finalement, c’était ce que j’écrivais.

Et j’ajouterais que j’ai un peu l’impression qu’en France, on fait la part belle au Young Adult actuellement, aussi à cause des mangas. Les Shonens particulièrement sont la nouvelle poule aux œufs d’or auprès des ados. On le sait, ça fait des années que c’est la grosse question autour du pass culture et de « Est-ce que c’est de la littérature ou non ? »

Je ne rentrerais pas dans ce débat, mais je dirais juste que si on regarde les sujets des shonens, on est souvent bien dans du Young Adult. Bizarrement, j’en entends pas beaucoup me dire que One Piece, c’est uniquement pour les enfants.

Les thématiques sont vastes, traitent de sujets sérieux, mais en même temps avec ce grain de folie et d’aventure qui caractérise le Young Adult.

Ce n’est peut-être que ma vision du Young Adult, mais je le vois un peu comme la possibilité de continuer à lire le type d’histoire qui nous faisaient rêver enfant, mais une fois que l’on a grandi. Et rien que pour ça, moi, je kiffe.

En vrai, pendant longtemps, les notions d’aventure et d’action ont été refoulées au coin enfants. On va toucher du doigt la question de l’existence d’une VRAIE littérature, mais tout ce qui était fantasy, fantastique, etc. était mal vu pendant tout ce temps. Je ne parle pas de SF parce que son statut n’est parfois pas très net, même si elle a souvent souffert d’a priori. Tout ça, c’était de la sous-littérature, bien trop populaire et bien trop enfantine. C’était considérée uniquement comme du divertissement. Pour faire de la littérature adulte, il fallait quelque chose de beaucoup plus posé, bien plus cérébral, comme on le voit en blanche. Et certains considèrent que c’est toujours le cas. On a encore certains lecteurs, auteurs et éditeurs très élitistes sur la question de la littérature.

Mais après l’avènement de la fantasy, qui a repris quand même un peu ses droits dans notre imaginaire, qui est bien plus acceptée maintenant qu’il y a 20 ans, on voit tout simplement arriver à sa suite ses enfants. Dont le Young Adult.

Alors la catégorie existe depuis bien longtemps, hein. Je fais seulement référence à son arrivée en corner dédié en librairie.

Donc continuons. Après des personnages auquel on s’identifie facilement en tant qu’adolescent, des thématiques spécifiques, est-ce qu’il y a autre chose ?

Eh bien je vous ai un peu spoilé quand j’ai parlé de Sulvania. Oui, je parle bien de la présence de rebondissement, de choc, d’émotions fortes.

Le Young Adult se lit et se vit intensément. Il y a souvent des péripéties dans tous les sens, des gros coups durs, des émotions qui pleuvent. Ressentir, c’est ce que l’adolescent recherche. Tout en se construisant sa vision du monde, en se réassurant sur ses propres limites.

C’est à ça que sert la lecture, d’ailleurs. On vient chercher dans d’autres mondes, d’autres vies, quelque chose qui nous manque dans la nôtre. On va se confronter à un point de vue, vivre des aventures et s’évader. On plonge pour mieux accepter la réalité, pour en appréhender les limites, les règles et les possibilités.

Enfin, n’oublions pas que le Young Adult cherche à faire grandir son lecteur. On retrouve souvent des problématiques qui vont trouver une solution en adoptant les bons questionnements, la confiance en soi, la tolérance, l’indépendance, le recul sur les choses ou la gestion des émotions. Tout ce qui va permettre à nos jeunes lecteurs de trouver la force en eux-mêmes pour se construire et trouver leur place.

Personnellement, je pense que le Young Adult va petit à petit grandir dans nos librairies. Tout comme la romance ou la fantasy, il va prendre sa vraie place dans les années à venir. Ce ne sera pas forcément une place énorme dans les bibliothèques, mais ça va quand même se développer.

La présence de BookTok rend ça presque inéluctable, de toute façon.

Alors si vous aussi vous aimez ce genre d’histoires, c’est le moment de vous lancer. Si vous avez des questions, je serais ravie d’y répondre sur mon insta.

Sur ce, moi je vous dis merci de m’avoir écoutée, j’espère que cet épisode vous aura inspiré. Si c’est le cas, soutenez-moi en laissant une note sur votre application de podcast, en vous abonnant si ce n’est pas déjà fait et en partageant cet épisode. C’est super important pour faire connaître et référencer le podcast.

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Sur ce, on se retrouve bientôt pour un prochain épisode.

En attendant, c’était Isa d’æcriture, amour sur vous et écrivez bien !

Qu'avez-vous pensé de cet épisode ?

Isabelle Naneix EI - aecriture

© crédit photo : Pexels : Anna Shvets

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