Dark Academia - æsthetic

L'æsthetic Dark Academia

Pensez Harry Potter, Ivy League, collège anglais, uniforme en tweed et lunettes de verres fins. Touchez du marbre, de la pierre, du bois de chêne et des reliures de cuir. Voyez le fog, écoutez la pluie tomber, réfléchissez. Vous y êtes.

Plus qu’un style vestimentaire, l’æsthetic Dark Academia est une ambiance, un environnement, une façon de vivre : un amour de la littérature, des longues discussions philosophiques au coin du feu, une ambiance feutrée, mélancolique, presque nostalgique, sur des campus iconiques tels que ceux de Harvard et Cambridge.

Selon la chercheuse Ana Quiring, dans son article What’s Dark about Dark Academia, appartenir à la communauté Dark Academia permet à quiconque d’accéder à un monde qui semble a priori inaccessible. C’est la possibilité, via une astuce esthétique, de « vivre » une éducation prestigieuse sans les dépenses, le contrôle, la pression des parents ou de la réalité.

« C’est une esthétique qui existe depuis le milieu des années 2010 sur des réseaux comme Tumblr ou Instagram mais qui a explosé au moment de la pandémie », détaille Mina Le, une vidéaste et commentatrice de mode US.

Et depuis 2020, la Dark Academia est devenue une tendance reconnue auprès de la fashion intelligentsia IRL (grâce notamment au New York Times Style en juin 2020).

Sous genres : Light Academia, Pastel Academia...

« Sur fond de musique classique, on relit Les Fleurs du Mal

dans sa première édition, on déclame Shakespeare dans le texte

ou on dépeint le décor pluvieux d’un cloître,

alors qu’une bise fraîche souffle à travers la verrière. »

Codes et couleurs

Tweed, pavés, bois, vieux livres, lumière tamisée et fog…

L’univers évoque la grisaille anglaise et les universités prestigieuses, les cours de littérature et les poètes maudits.

Les lettres et l’intellect sont remis au goût du jour avec un accent romantique et délicat. Les matières sont fluides, les looks androgynes, influencés par l’uniforme et les couleurs sobres et sombres des internats anglais.

Musique classique.

Œuvres

Littérature

Le cercle des poètes disparus (Dead Poets Society) - N.H. Kleinbaum, 1988

Le maître des illusions (A secret History) - Donna Tartt, 1992

Harry Potter - J.K. Rowling, 1997

If we were vilains - M. L. Rio, 2017

La neuvième maison - Leigh Bardugo, 2019

Les fantômes d’Harvard - Francesca Serritella, 2021

Les Muses - Alex Michaelides, 2021

Cinéma

Maurice - James Ivory, 1987

The Talented Mr. Ripley - Anthony Minghella, 1999

Sexe intentions - Roger Kumble, 1999

The Skulls - Rob Cohen, 2000

The Prestige - Christopher Nolan, 2006

Dorian Gray - Oliver Parker, 2009

Kill Your Darlings - John Krokidas, 2013

The riot club - Lone Scherfig, 2014

Mary Shelley - Haifaa Al Mansour, 2017

Tolkien - Dome Karukoski, 2019

Série

Les nouvelles aventures de Sabrina - 2018 à 2020

A Discovery of Witches - 2018 à 2022

Mercredi - 2022

Auteurs : Agatha Christie, Edgar Allan Poe, H.P. Lovecraft, Arthur Conan Doyle...

Écrire du Dark Academia

On se parle ici d'une ambiance universitaire, dans un lieu prestigieux et historique, souvent d'architecture classique.

Il y est question de différents thèmes philosophiques (l'existentialisme en tête de liste), de la noirceur de l'âme humaine (explorée notamment à travers des crimes ou des meurtres), d'intelligence, d'élitisme, de société secrète ou de groupe marginalisé, de la sagesse, de la curiosité (souvent comme un défaut ou la source d'un basculement). L'amour, l'acceptation, la liberté, le mensonge ou le deuil sont aussi de grands thèmes de la dark academia.

Pour inscrire son récit dans du dark academia, il faut qu'il y ait un rapport fort avec l'université, l'apprentissage et la haute société ou l'élite. Il vous faut une ambiance particulière de la vie étudiante, mais également du faste et de la poésie. Vous devez exprimer un certain rapport à l'art ou à l'intellect, à la différence de ces étudiants/gens hors du commun.

Vos scènes se placent souvent dans les bibliothèques sombres, les livres sont reliés de cuirs et la lumière jaunie, comme sous la flamme d'une bougie.

Conclusion

Nous sommes ici sur une æsthetic plutôt sombre, (même si elle se décline en tonalités plus légères) qui incarne la poésie, le savoir, le romantisme et évoque l’imagerie de l’ère Edwardienne.

C’est le retour en force du classicisme et d’une certaine forme d’élitisme à une époque du « tout pour tous » et de la remise en question de la beauté.

On peut y voir le retour en force des livres anciens, reliés de cuir et l’éloge des matières nobles et des bâtiments ouvragés, qui relient l’homme à son besoin de possession et d’héritage. De toucher au réel à l’époque du tout numérique et des clouds.

Isabelle Naneix EI - aecriture

© crédit photo : Pexels : Anna Shvets

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