Ep3_ 7 conseils pour des dialogues cohérents

Épisode 3

Mes tips pour prendre confiance dans vos dialogues

Helloooo !

Bienvenue pour ce troisième épisode de podcast ! J’espère que vous allez bien, que vous profitez bien de vos vacances si vous êtes chanceux et pour ceux, qui comme moi, travaillent encore en ce mois de juillet, je vous envoie plein plein plein de courage.

Bon. Je suis sûre que le titre de l’épisode en a ravi plus d’un.

7 conseils pour des dialogues cohérents…

Depuis l’ouverture de mon compte insta, j’ai remarqué que le dialogue était l’un de vos soucis principaux. À chaque fois que je posais les questions

« de quoi aimeriez-vous que je parle ? »,

« qu’est-ce qui vous donne le plus de fil à retordre ? »

ou encore « quelle est la dernière difficulté que vous ayez rencontrée ? »,

Toujours, je dis bien toujours, j’ai eu la réponse en masse, « le dialogue ». En DM, le sujet revient aussi, vous me posez souvent des questions pour réussir vos dialogues.

J’ai donc comme l’impression que c'est une des bêtes noires de ma communauté.

Et si vous écoutez ce podcast, c’est peut-être parce que, pour vous aussi, il n’est pas évident de donner une voix crédible à vos personnages.

Alors c’est pour ça qu’aujourd’hui, on va traiter les grandes lignes du dialogue avec quelques tips qui me semblent fondamentaux.

Pour être très honnête, je n’ai pas particulièrement de problème avec le dialogue. On peut même dire qu’ils me viennent naturellement et mes bêta lecteurs m’ont dit que c’était une des forces de mon écriture. Alors attention, je ne dis pas ça pour m’envoyer des fleurs, mais pour vous expliquer que cet épisode, il n’a pas été très facile pour moi de le préparer.

Comme je vous le disais, on m’en parle souvent comme d’un problème et du coup, ça fait un moment que je me pose la question de quels tips je pourrais vous donner et comment vous les donner. Parce que l’exercice du dialogue, c’est quand même un peu une question de feeling. Donc c’est pas évident à traiter en méthode cadrée, avec des techniques etc.

Parce qu’aussi, un dialogue qui coince bah, ça peut venir de pas mal de choses. Comme c’est un sujet long, je ne pouvais pas le traiter via un post Insta et c’est pour ça que je lui accorde tout un épisode aujourd’hui.

Alors, commençons.

Avant même d’écrire un dialogue, j’ai une petite question pour vous :

« Est-ce que vous observez les gens ? »

De manière générale, hein, dans la rue, quand vous êtes en groupe, au travail, etc. Est-ce que vous avez l’habitude de les écouter parler ?

Si votre réponse est « pas vraiment », je vous encourage à le faire dès maintenant. En écoutant et en observant les gens qui vous entourent, vous découvrirez les différents tics de langages de chacun, les mouvements de mains qu’ils peuvent faire ou non lorsqu’ils parlent, s’ils ont le regard fixe ou s’ils balayent l’assistance… Tout cela est un reflet de leur personnalité et généralement, cela trahit beaucoup de choses sur qui ils sont, quelle place ils occupent et ce qu’ils cherchent à faire.

Je vous encourage donc à prendre l’habitude de vous familiariser avec les tournures de phrase, les intonations, les gestes qui accompagnent les prises de paroles. Toutes ces petites choses qui donnent du corps à un dialogue.

Ce premier exercice, c’est mon premier tip et, selon moi, l’un des plus précieux pour votre parcours d’auteur. L’observation va nourrir l’écriture, bien au-delà de ce que vous pouvez penser. Si vous ne me croyez pas, demandez-vous si vous pourriez décrire justement le Palais Garnier ou la ville de Marseille si vous ne l’avez jamais vu et que vous ne cherchez aucune image sur internet.

Décrire l’humain, c’est pareil. C’est en observant et en analysant les différences entre les gens que vous allez vous créer un catalogue d’émotion et de réaction qui vont nourrir vos dialogues et les rendre crédibles.

Deuxième question :

« Connaissez-vous suffisamment vos personnages ? »

Parfois, lorsqu’un dialogue manque de crédibilité ou de cohérence, qu’on ne le sent pas, c’est qu’on ne tient pas assez bien la personnalité de nos personnages et qu’on doit lutter pour les faire se révéler.

Peut-être que vous êtes au tout début de votre roman et que vous ne les connaissez pas encore assez. Si c’est le cas, laissez couler. Écrivez les grandes lignes du dialogue mais ne vous prenez pas plus la tête. Vous reprendrez ce dialogue à la réécriture, lorsque vous aurez terminé votre premier jet et que vous connaîtrez vos personnages sur le bout des doigts.

Si vous êtes un peu plus loin dans le récit, c’est peut-être le même problème, mais cette fois, vous pouvez aller un peu plus loin : faites un bilan sur ce que vous savez de vos personnages. Demandez-vous quelles sont leurs intentions au moment du dialogue, leurs relations, y a-t-il des frictions, des attirances, des choses qu’ils veulent cacher ou dénoncer ? Identifier les points tensions vous permettra de discerner mieux les réactions de vos personnages à chaque ligne.

Par exemple, un personnage amoureux mais qui ne se l’avoue pas bah, il peut avoir du mal à aller dans le sens de l’autre, juste par esprit de contradiction. Son cœur lui dit d’accéder à la demande de l’autre, mais lui s’y refuse. En sachant cela, vous allez pouvoir jouer sur ce point de tension.

Mais attention, ne soyez pas trop explicite sur ses intentions, on ne balance pas les infos de but en blanc, on donne des indices au lecteur pour qu’il le devine.

Je ne sais plus qui a dit cette phrase, mais je la trouve d’une justesse redoutable :

« L’intérêt d’un dialogue tient plus dans ce qui n’est pas dit que dans ce qui est explicite ».

Je crois que c’est John Truby, mais ne m’en voulez pas si j’ai tort.

Et pour bien connaître vos personnages, je vous encourage à vous servir d’une fiche de personnage. Vous la remplissez lors de la planification et/ou durant l’écriture, peu importe, mais en l’actualisant régulièrement, vous savez toujours où vous en êtes et où en est le personnage. Pour rappel, j’en ai créée une en format PDF, qui est disponible sur mon site (onglet outils > fiche de personnage).

Ensuite, si je peux vous donner un autre conseil, c’est de vous demander si le dialogue a réellement sa place là où vous voulez le mettre. Lorsqu’on doute d’une scène ou qu’on sent que quelque chose cloche, parfois, la réponse est sans appel : c’est parce que la scène n’a rien à faire là.

Alors il est temps, encore une fois, de faire le point.

Avez-vous besoin de ce dialogue ici ?

Que vous apporte-t-il ?

Comment pourriez-vous faire passer ces mêmes informations sans utiliser de dialogues ?

Si vous continuez de penser que le dialogue est la meilleure solution (et d’après moi, cela arrive souvent, j’adore les dialogue) concentrez-vous sur les points positifs de ce dialogue et regardez si vous avez réussi à atteindre ces objectifs.

Votre dialogue crée-t-il une scène dynamique ?

Y a-t-il une tension ?

Avez-vous réussi à mettre en place ce que vous vouliez ?

Que ressentez-vous en lisant ce dialogue ?

Prend-on parti pour quelqu’un ?

Peut-on faire une hypothèse sur la suite de l’histoire ?

Vous l’aurez compris, tous ces questionnements ne sont qu’indicatifs et ne s’appliqueront pas à toutes les situations de dialogue. À vous de trouver le point important de votre scène et de voir si vous avez atteint votre cible ou non.

Une fois que vous aurez déterminé que votre dialogue a tout à fait sa place, je vais vous demander de réfléchir à une chose :

« Dans quel état d’esprit écrivez-vous vos dialogues ? »

Cela peut vous sembler étrange comme question, mais vous allez comprendre.

Ma manière d’écrire un dialogue, elle est finalement, ultra simple. Et avant de me fustiger en me disant « oui bon, t’as dit que t’avais aucun problème gnagnagna », écoutez-moi.

Le premier jet de mon dialogue, généralement, il ne diffère pas vraiment de sa version finale.

Pourquoi ? Parce que lors des dialogues, je laisse carrément la barre à mes personnages.

Alors, qu’est-ce que ça signifie laisser la barre ? Tout simplement à laisser les personnages parler sans intervenir, et ce, même si cela change l’intention de mon dialogue.

Pour être honnête, de nombreux dialogues ont changé pas mal la suite de mon récit et souvent pour le mieux. Car c’est généralement en laissant parler mes personnages que je découvre qu’en fait, si je me mets réellement à leur place, le plan que j’avais tracé ne leur correspond pas vraiment. Entendez-moi bien, il ne s’agit pas de tout revoir tout le temps, mais d’accepter les détours.

Alors j’entends déjà les jardiniers se réjouir alors que les architectes sont en PLS.

Mais je vous rassure, amis de la planification, vous n’allez pas devoir bazarder votre plan à chaque dialogue. Tout simplement parce que je suis persuadée que si vous avez beaucoup planifié, vous l’avez fait en fonction de vos personnages et que dans un sens, vous savez déjà où ils veulent aller. Cela ne changera donc pas grand-chose pour vous. Mais restez ouverts à quelques petits changements, car ils sont très souvent ce qui donnent du sel à un récit trop droit, trop préparé.

Donc ici, je vous livre en fait mon tips le plus important : un dialogue qui fonctionne ne vient pas de vous, mais de vos personnages. Si vous réfléchissez trop à vos phrases en essayant de placer telle information à tel moment, si vous pensez votre dialogue de manière trop mécanique, vous n’y arriverez pas. Tout simplement parce que le facteur humain, le naturel, n’est jamais aussi présent dans un livre que par ses dialogues. Il est donc nécessaire d’entendre vos personnages parler et prendre la barre.

Plus facile à dire qu’à faire, vous me direz ?

Peut-être. Chacun est différent. Personnellement, si j’écris et que j’avance bien dans mon histoire, je finis par vivre avec mes personnages dans la même pièce que moi. Prenez-moi pour une folle, mais c’est ainsi. Archibald et Athea discutent souvent, une fesse sur le coin de mon bureau, juste à côté de moi pendant que je vis ma vie. On parle ensemble de la suite de l’histoire, de leurs envies et quand ils ne veulent pas faire quelque chose que j’ai prévu, c’est comme ça qu’on règle souvent le problème.

Je sais que beaucoup d’entre vous vont se dire « mais elle est tarée ! » ou me trouver tout simplement ridicule. Mais je sais que je ne suis pas la seule à vivre ça. J’ai écouté beaucoup de podcasts - notamment Writers’routine dont je vous ai déjà parlé - où les écrivains décrivent exactement la même chose que moi. Et je suis persuadée que c’est pour ça que nos dialogues coulent souvent de source. Parce qu’on parle toujours un peu avec nos personnages, même en dehors de l’histoire, et que du coup, leur voix nous est familière. Il n’y a plus qu’à les laisser faire lorsqu’on en a besoin.

Et si vous n’y arrivez pas ou que vraiment, ça vous dépasse, faites au moins ce que je vais vous dire maintenant : écrivez sans réfléchir, déroulez le dialogue sans vous brider, puis relisez-le à voix haute, avec les intonations et la gestuelle. Levez-vous, même, et jouez-le comme un acteur de théâtre.

Si certains passages ne semblent pas naturels, c’est que peut-être il faut les retravailler. Une indication en plus sur un état d’esprit, une pause, un haussement de ton. Jouez, répondez à voix haute ce que vous auriez dit ou fait à la place de votre personnage. Faites preuve d’empathie, mettez-vous à sa place. C’est vraiment le minimum.

Maintenant, avec cette méthode, vous pourrez aussi voir si votre dialogue manque de dynamisme. Si c’est le cas, essayez de cassez le rythme de vos tirades en ajoutant des indications para-verbales et non-verbales. Le para-verbal, c’est tout ce qui touche au ton, au volume, à la prononciation, bref, à la façon de parler de votre personnage. Le non-verbal, ce sont tous les gestes et les comportements qui induisent le ressenti et les vraies pensées de vos personnages.

N'oubliez pas que personne n’est statique lorsqu’il parle et que l’environnement ne l’est jamais non plus. L’émotion passe par le corps, le regard qui se baisse, le goût amer qu’il ressent, le vent qui secoue les feuilles des arbres alors que le personnage frémit.

Rien qu’avec ces petites indications, votre lecteur comprend des choses que vous n’avez plus besoin de dire. Laissez des silences, des lèvres mordues, des grognements. Un personnage qui regarde par la fenêtre, qui réfléchit.

Un dialogue, c’est une danse, pas un discours. Les mots eux-mêmes n’ont finalement que peu d’impact. Ce qui va emporter votre lecteur, c’est tout ce qu’il y a autour.

D’ailleurs, un dialogue, il ne reste pas forcément figé autour d’une idée centrale. Il bifurque, se perd, revient sur une notion évoquée plus tôt… Il évolue. C’est ça qui lui donne un aspect spontané et naturel. Vos personnages ne discutent pas uniquement de ce qu’ils vont faire, mais refuse de parler, envoie une vanne, pense à autre chose, changent de sujet… pour y revenir quand ils le sentent.

Enfin, faites attention au vocabulaire que vous utilisez. On ne fait pas parler un personnage comme on ferait une description ou qu’on écrirait une poésie. D’où l’importance à la fois de bien connaître ses personnages et leurs réactions, mais aussi leurs tics de langage et ce qu’ils veulent.

À l’oral, on parle de manière directe, on utilise des phrases plus courtes, du moins la plupart du temps, et on laisse les envolées lyriques au placard si notre personnage n’est ni poète ni grandiloquent. On n’use pas de poncifs ni de phrases toute faites, ou seulement si le personnage en joue. On donne une manière de parler à chaque personnage pour les différencier, mais sans en faire des caisses.

En somme, on reste simple, dans un dialogue. On va à l’essentiel.

Voilà. Je crois avoir fait le tour de mes conseils sur le dialogue. J’espère que j’ai pu vous éclairer au mieux, que vous ayez appris quelque chose ou que vous ayez seulement eu la confirmation de ce que vous pensiez. Il n’y a pas de recette miracle pour écrire un dialogue, mais tout plein de petites choses à actionner en même temps. Si vous y faites attention et que vous lâchez la bride à vos personnages, tout devrait bien se passer.

Si vous avez des questions concernant ces conseils, contactez-moi en MP et j’essayerai d’éclaircir les points encore obscurs. Vous pouvez même me soumettre un dialogue qui vous pose problème pour qu’on en discute ensemble.

Et si vous souhaitez aller plus loin et que le mentoring vous intéresse, vous pouvez aussi me contacter par DM sur instagram ou directement sur mon site via le formulaire de contact.

Sur ce, moi je vous dis merci de m’avoir écoutée, j’espère que cet épisode vous a plu. Si c’est le cas, je vous demanderai de laisser une note et un commentaire sur votre application de podcast, de vous abonner afin de rester au courant des nouveaux épisodes et à partager le podcast, c’est super pour le référencement et ça me soutient énormément.

On se retrouve bientôt pour un prochain épisode.

En attendant, c’était Isa d’aecriture, amour sur vous et écrivez bien !

Qu'avez-vous pensé de cet épisode ?

Isabelle Naneix EI - aecriture

© crédit photo : Pexels : Anna Shvets

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