Gérer un refus de maison d'édition

Recevoir une réponse négative est souvent source de remise en question, doutes, renforcement des croyances négatives, ébranlement de l’estime de soi…

Pourtant, un « non » de ME ne signifie pas forcément que votre roman est nul ni que vous l’êtes.

Comprendre le principe de la soumission d’un roman

Soumettre un livre, c’est souvent pour l’auteur, l’occasion de tester sa légitimité en tant qu’écrivain, demander un jugement sur son moi profond et sa capacité artistique.

Or, si l’écriture est un processus de création artistique, la soumission est un processus de commercialisation.

En soumettant, vous faites de votre histoire un produit dans un marché. L’artistique n’a donc plus grand-chose à voir là-dedans et désolée, mais la qualité non plus.

Un bon livre peut tout à fait être refusé et un roman médiocre se voir éditer. Les raisons sont diverses, parfois obscures, mais la réalité est bien là. Vous vous êtes d’ailleurs sûrement déjà dit « si ce livre plutôt moyen est édité, j’ai quand même ma chance ! ». Et vous n’avez pas tort.

La soumission est donc une réalité de marché, basée sur les ventes précédentes, les tendances de lecture, les actualités politiques, la puissance des mots-clés marketing revendiqués par l’œuvre…

Bref, de tout ce qui peut englober la parution et la vente d’un livre. Ces critères fluctuent sans arrêt, si bien qu’il faut tomber au bon endroit, au bon moment, dans les mains de la bonne personne pour espérer être publié.

Donc non, un refus ne signifie pas que votre roman est nul.

Pour rappel

Harry Potter a été refusé par plus d’une vingtaine d’éditeurs avant d’être finalement accepté.

Michel Bussi a attendu 10 ans avant sa première publication.

Les 3 premiers romans de Stephen King ont tous été rejetés alors qu’ils ont été un succès tonitruant une fois sa carrière lancée.

Twilight, 14 refus.

Sa majesté des mouches, 20 refus.

Autant en emporte le vent, 36 refus…

Un refus, ça fait mal, oui.

Et vous avez le droit d’avoir mal, de ne pas être bien. Après un refus, on se sent jugé, rabaissé, déçu, médiocre. Mais ce n’est pas la fin du monde. Et il se peut même que vous ayez la chance d’avoir un refus commenté. Cela peut être une grande aide.

Parfois, on reçoit un refus qui dit « nous avons beaucoup aimé votre texte, mais il ne rentre pas dans notre programmation éditoriale », ce qui reste un retour plutôt positif.

Mais si on reçoit « nous n’avons pas trouvé le milieu de votre histoire à la hauteur de son potentiel », cela donne une piste pour retravailler.

Vous n’êtes pas obligé de le faire, car c’est toujours subjectif, mais si cela résonne avec vos propres doutes, vous pourrez améliorer votre texte et retenter l’aventure avec bien plus de confiance.

Il y a aussi « le genre de votre roman ne correspond pas aux tendances actuelles ». À cela, vous pouvez répondre que les genres, ça va, ça vient et que dans 6 mois, vous aurez peut-être une meilleure chance.

Et bien d’autres arguments qui peuvent booster votre créativité ou votre manuscrit !

Surtout, gardez à l’esprit que le refus est subjectif.

C’est généralement l’avis d’une seule personne, qui n’a pas lu votre roman dans son intégralité et qui n’était peut-être pas votre lecteur idéal.

Un refus, même si c’est douloureux, vous permet d’avancer, en rayant de votre liste d’envoi une maison d’édition.

Mais un refus, ça veut surtout dire que vous avez tenté.

Soyez fier de votre refus, embrassez ce refus comme un rite de passage.

Affichez vos refus pour mieux les accepter.

J’ai entendu plusieurs écrivains dire qu’ils accrochaient toutes leurs réponses négatives dans leur bureau, comme autant de trophées.

C’est une idée que j’aime beaucoup.

Car après tout, cela fait aussi partie de la carrière d’un auteur.

Mais surtout, cela minimise leur impact sur votre mental. Non, ce refus n’est plus une flèche douloureuse dans votre cœur, mais la preuve que vous n’avez pas abandonné.

Sur ce, je vous souhaite bon courage et surtout beaucoup de patience pour toutes vos soumissions à venir !

Isabelle Naneix EI - aecriture

© crédit photo : Pexels : Anna Shvets

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