
Lorsqu’on parle de schéma narratif, on peut trouver différents termes qui expriment l’action du récit, les rebondissements de l’intrigue. Ils peuvent se ressembler, et pourtant, ils n’ont pas la même importance dans le récit. Explication.

Premièremement, sache que si une péripétie peut être un pivot,
un pivot n’est pas forcément une péripétie.
Hé oui !
Qu'est-ce qu'une péripétie ?
Une péripétie, c’est une action, un événement, qui va te permettre de rythmer ton récit, de faire émerger des preuves, créer des liens ou les dissoudre.
Bernard Werber parle des « muscles de l’histoire », là où il place le pivot en tant que squelette.
Une péripétie a énormément d’importance pour la dynamique de ton roman et son histoire, mais elle n’a pas autant d’impact sur l’intrigue que le pivot. Elle n’est pas révélatrice de quelque chose de fondamental ni ne change totalement la direction de ton récit.

Qu’est-ce qu’un pivot narratif ?
C’est l’un des grands tournants de l’histoire.
C’est un point qui change la trajectoire de ton intrigue, relance la quête du protagoniste, lui fait changer de point de vue.
C’est un événement sans lequel ton histoire n’avance pas. Il y en a généralement entre 3 et 5 dans une histoire.
Comment le différencier : il touche généralement à l’enjeu principal, à la façon dont ton héros perçoit le monde. Si l’événement apporte un changement significatif à la psychologie de ton perso, à son environnement et l’oblige à réajuster sa quête ou sa vision du monde, tu es sur un pivot.
Le pivot est à la hauteur de l’enjeu de ton histoire : si l’enjeu est de sauver le monde, l’impact sur ton personnage doit être important.
Ah ! et petite précision :
Le pivot n’est pas nécessairement une scène à part entière. Cela peut être un mot prononcé lors d’un dialogue aussi bien qu’une grande bataille marquante.
Le pivot s’apparente plus à une étape qu’à une scène.
La réelle différence est également là.

Oui, je sais c’est un peu compliqué à appréhender
Le climax
Tu as déjà dû entendre parler de climax, notamment lorsqu’on se parle de cinéma ou de scénario.
Le climax est généralement le dernier pivot avant la résolution, c’est – de manière caricaturale – l’Avengers Assemble de l’histoire.
Ce moment où le héros doit tout donner, celui où tout se joue.
Il peut être épique (champs de bataille, affrontement final…) ou psychologique (guerre des nerfs, examen…), mais il demandera toujours au héros de réaliser quelque chose (autant en termes de geste que de changement intérieur) et souvent de dépasser son problème initial.
C’est cet événement qui fait que l’intrigue se résoud de manière positive ou négative.

Pour le lecteur
Quand on lit un roman, on peut avoir du mal à discerner la différence.
À première vue, les péripéties ont un impact significatif sur l’histoire et c’est normal. Si elles n’en avaient pas, on aurait l’impression que le roman est « rempli » comme une peluche ou un épisode filler d’une série à rallonge.
Or, si on ausculte vraiment sur l’intrigue, on peut discerner le squelette des muscles.
Mais le lecteur, lui, se souviendra peut-être plus des péripéties, car une scène ou un dialogue l’aura plus marqué que le moment où le personnage réalise telle ou telle chose importante.
Pour finir, vois le pivot comme un reading tab.
Il n’est pas forcément au centre d’une scène, mais en est la résultante, c’est l’étape du récit.
Alors que la péripétie, c’est un événement imprévu, quelque chose qui secoue le lecteur, lui fait vivre des émotions, l’emporte avec toi dans l’histoire.
Finalement, le pivot est visible et valable uniquement pour l’auteur, au moment de structurer sa narration, là où une péripétie marquera le lecteur.
Assure-toi donc d’avoir les deux, sinon ton roman manquera de quelque chose !
Isabelle Naneix EI - aecriture
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