La dure loi de la soumission de manuscrit

Hello !
Bienvenue pour ce nouvel épisode ! C’est le dernier de juillet et il marque la fin du tout premier mois du podcast. J’espère vraiment que ce contenu vous plait et qu’il vous aide à avancer dans votre propre roman. Si vous avez des questions, des sujets que vous aimeriez que j’aborde, contactez-moi en MP, j’essayerai de les traiter le plus rapidement possible. Merci à ceux qui l’ont déjà fait, vos réponses arrivent bientôt.
Aujourd’hui, je vous avoue que j’ai changé le sujet du jour juste avant de l’enregistrer. Je devais vous parler du genre du Young Adult, mais une actualité de mon côté m’a donné envie de vous parler, à chaud, de tout autre chose.
Pour ceux qui ne sont pas au courant, j’ai participé au concours d’écriture Big Bang il y a plusieurs mois déjà. Je l’ai envoyé in extremis après avoir monté mon dossier en 2 jours, fait la vidéo de présentation, réécrit mon synopsis… Bref, la totale. J’étais remontée à bloc quand j’ai vu que finalement, mon roman rentrait dans les cases demandées.
Depuis genre mars, je crois, j’ai essayé de ne pas nourrir trop d’espoir, y avait plus de 1000 soumissions et je sais que ce genre de concours est soumis à des attentes particulières. De plus, je venais tout juste de comprendre que mes thèmes pouvaient être en accord avec du Young Adult, mais je ne l’avais pas écrit avec ce public particulier en tête, alors il y avait sûrement des choses à retravailler.
Mais de l’espoir, malgré moi, j’en avais. Après tout, quand on participe à un concours, qu’on envoie notre manuscrit, c’est pour recevoir une bonne nouvelle en retour, non ? Si l’on n’y croit pas dès le départ, on a peu de chance de réussir.
Et puis, je vais être honnête avec vous. J’aime écrire. Je n’abandonnerai pas ma plume parce que je ne suis pas éditée. Mais voir mon livre en librairie, c’est quand même un de mes rêves. Et aussi, j’ai mon petit syndrome de l’imposteur qui toque à la porte : comment peux-tu demander aux gens de te faire confiance pour écrire leur roman si toi-même tu n’es pas publiée ?
Alors voilà. Mine de rien, de l’espoir, j’en nourrissais.
Même si je sais foncièrement que tous les livres publiés ne sont pas « bons » et que tous les livres rejetés ne sont pas « mauvais », il est parfois difficile de passer outre le fait que la confiance, ça se gagne par des actions, des preuves. Et la publication en est une.
Donc quand, il y a quelques jours, j’ai vu le mail de Bragelonne, bah, j’ai eu un moment d’incertitude. En fait, j’étais en train de parler avec mon copain de tout autre chose et par automatisme, j’ai ouvert le mail sans trop regarder l’expéditeur. Donc j’ai lu les mots fatidiques sans même m’être préparée. « J’ai le regret de vous informer que votre manuscrit n’a pas été retenu ».
Voilà. Fin.
Le concours est fini pour moi, je ne serai pas éditée par Big Bang. En tout cas, pas via ce concours. Mon espoir s’est évaporé en même temps que ces mots.
Et le pire, je dirai que c’est de ne pas avoir d’explication. Je ne sais pas ce qui a causé ce refus. Je ne sais pas ce qu’il faut que j’améliore, si j’ai eu raison de le proposer en Young Adult ou si je n’ai aucune chance dans cette catégorie. Je ne sais même pas s’ils ont un peu apprécié ou carrément détesté.
Et la seconde phrase de ce mail lapidaire ne laisse aucune place au doute : si je demande des explications, je n’en aurais pas. L’éditrice n’aura tout simplement pas le temps de me répondre.
Bon. Je vais rester seule avec mes questions, alors.
Donc quoi vous dire, maintenant ?
Je me suis posée des questions, bien entendu. Est-ce que je me fourvoie, est-ce que ça en vaut la peine ?
J’arrête tout ? Je retourne à la publicité ?
Bien sûr que non.
Mais ce refus m’a fait mal. C’est simple, j’ai versé une larme après avoir compris ce mail. J’étais un peu sonnée. En plus, je venais de reprendre l’écriture avec un bon mojo, j’écrivais tous les jours, j’avançais de nouveau bien sur mon tome 2. Et j’étais contente de cette reprise. Donc recevoir ce mail, m’a sapé le moral.
Et c’est normal d’être déçue. Cela vous arrivera aussi un jour ou l’autre. À partir du moment où vous donnez à quelqu’un d’autre la responsabilité de publier votre œuvre, vous lui donnez aussi la possibilité de jouer avec vos espoirs et de les réduire à néant.
Mais vous savez quoi ? Après deux jours, je suis capable de faire la part des choses. Ce mail ne signe pas la fin de l’aventure. Juste la fin du concours. Mais il reste d’autres moyens de se faire publier, d’autres choses à faire, à tenter. Et surtout, je dois finir mon tome 2 et ne rien lâcher.
Parce que Sulvania ne sera peut-être pas mon premier roman publié. Peut-être ne le sera-t-il jamais, je n’en sais rien. Peut-être le sera-t-il un jour et deviendra un best-seller. Laissez-moi rêver.
Mais si j’abandonne, il ne deviendra rien. Alors oui, je vais devoir attendre encore plus longtemps pour le voir en librairie. Il va falloir redoubler de patience. Mais il n’est pas question que je laisse tomber Athea, Archibald, Lanckin et Yip. Ils vivent depuis tellement longtemps à mes côtés que je ne peux tout simplement pas les laisser mourir comme ça. Je leur dois d’être découverts, que leurs aventures soient lues par d’autres. Qu’ils prennent vie hors de mon propre imaginaire.
Personnellement, leur devoir quelque chose me donne la force d’avancer. J’ai tendance à penser que nos personnages sont autant auteurs de notre roman que nous. Sauf qu’eux ne peuvent pas vendre le livre à notre place ou en finir la rédaction.
Donc, oui. Manger un refus, ça fait mal. Il faut accepter cette déception, la douleur qui en résulte. Puis il faut se remettre sur pied. Car je vous rappelle qu’un refus ne définit pas votre livre.
Un refus, dans un concours ou lors d’une soumission, ne signifie pas que votre roman est mauvais ou que vous êtes nul. Votre texte est peut-être améliorable, rien n’est jamais parfait et vous aurez souvent des retours éditoriaux, même si vous êtes édités. Alors non, ce n’est pas nécessairement la preuve d’un manque de qualité.
Mais aussi, c’est que le manuscrit peut être refusé sur le dossier. Ce n’est peut-être pas votre roman qui pêche, mais la manière dont vous le vendez. Les points clés ou les thèmes ne sont peut-être pas bien mis en avant, l’éditeur a peut-être eu du mal à voir le potentiel de votre histoire. Commencez par revoir votre dossier, cela peut vous donner des pistes de retravail.
Si vous n’êtes pas retenu, ça peut aussi être parce que la maison d’édition a déjà une histoire dans son catalogue qui ressemble un peu trop à la vôtre. Peut-être même qu’elle préférait la vôtre, mais ici, c’est un peu premier arrivé, premier servi, donc elle est obligée de refuser un concurrent potentiel.
Une autre possibilité est que vous êtes tombé sur le lecteur #3 et que lui n’aime pas ce genre d’histoire alors que le lecteur #5 l’aurait adorée. Peut-être que le lecteur #2 aurait lui aussi apprécié, mais il a passé une journée de merde et n’a pas réussi à se mettre dans de bonnes conditions lorsqu’il est passé à votre manuscrit.
La lecture et la sélection d’un dossier de soumission ou d’un manuscrit est soumis à de nombreux facteurs que nous ne pouvons pas contrôler. Une fois dans la boîte mail, plus rien ne dépend de nous et les variables font qu’on sort souvent avec un refus.
Donc ne vous blâmez pas pour un refus. Embrassez-le comme la preuve que vous avez terminé un roman et que même s’il lui reste du chemin à parcourir, vous croyez en lui. Misez sur votre envie de partager votre univers, de faire vivre des émotions à votre lectorat et armez-vous de patience. Si vous abandonnez, vous risquez de passer à côté d’une expérience incroyable.
Maintenant, si vous pensez pouvoir améliorer votre roman, ce refus est le moment de vous y mettre. Si vous êtes comme moi, vous avez noté les modifications que vous aimeriez apporter à ce tome. Alors faites-le maintenant, pour retenter votre chance plus tard dans les meilleures conditions. Tout est toujours possible.
Faites appel à un bêta-lecteur professionnel, à un service éditorial ou à une communauté de lecteurs engagée. Redemandez des avis, faites vivre votre texte.
Personnellement, j’envisage de faire appel à un éditeur freelance pour retravailler mon texte et me permettre, peut-être de m’auto-éditer. J’envisage aussi de le publier peu à peu sur Wattpad, mais j’ai encore un peu d’appréhension vis-à-vis de la plateforme. Ne m’en voulez pas, je suis juste vieille et ça me dépasse un peu tout ça. Après, mon compte auteur n’est pas bien fourni en abonnés, donc me lancer en auto-édition demanderait beaucoup beaucoup de taff, mais je ne me ferme pas la porte.
Parce que vous savez quoi ? J’en ai marre de cette petite voix qui me dit que tant que mon travail ne sera pas « validé » par une grande maison d’édition, tout ce que je fais est médiocre. Mais quelle est ma chance, en tant qu’autrice francophone pour me faire éditée dans une grande maison d’édition de fantasy ? La plupart ont leurs soumissions closes depuis plus de deux ans, certaines ne m’ont tout simplement jamais répondu et d’autres encore ne font que de la traduction de romans anglophones. Si on part de ce point de vue-là, j’ai plus de chance de gagner au loto.
Mais face à ça, j’ai des retours de lecture qui me donnent envie d’y croire. Des gens qui me disent qu’ils ont aimé mon roman et qu’ils veulent la suite. Et même si mes bêta-lecteurs ne sont pas nombreux, leur avis doit compter, tout autant que celui d’un membre d’un comité de lecture qui n’a ni le temps, ni parfois l’envie de se plonger dans le sixième roman de la journée.
Et je ne m’attarderai pas sur le fait qu’un tout petit mot qui donne la raison première d’un refus serait faire preuve d’un minimum de respect, mais je n’en pense pas moins. C’est un concours, pas une soumission ouverte. Donc un petit feedback est un petit peu attendu dans ce cas de figure. Alors je sais qu’avec 1000 soumissions, ce n’est pas facile de prendre le temps d’envoyer un mot à chacun. Mais quand un mail commence par « madame, monsieur », j’en viens presque à me demander s’ils ont même juste lu mon dossier de soumission.
Enfin. Je sais que je ne dois pas m’arrêter à ça. Mais j’y avais mis tout mon cœur et recevoir un mail copier-coller donne toujours l’impression d’être de la merde.
J’arrête là pour ce sujet, après tout, j’ai encore envie de tenter ma chance donc c’est pas trop le moment de me mettre les maisons d’édition à dos.
Donc je vais continuer mon petit bonhomme de chemin, en me répétant sans cesse, qu’un refus n’est pas une fin. Qu’il ne tient qu’à moi de faire publier Sulvania d’une manière ou d’une autre. Que je ne suis pas seule dans ce cas. De nombreux auteurs et autrices ont reçu le même mail que moi. Et rien ne me dit qu’ils ne seront pas la prochaine meilleure vente de leur maison dès qu’ils auront signé quelque part.
Alors si pour eux je m’autorise à penser ça, pourquoi pas le faire pour moi ?
C’est loin d’être facile et quand on est pessimiste comme je le suis, c’est assez compliqué de positiver sur un refus. Heureusement, j’ai le soutien de mes proches et de bonnes raisons de croire que j’ai raison de tenter ma chance.
Je vous engage à faire de même. Et aussi, je vous propose dès aujourd’hui, un petit exercice qui vous aidera plus tard à relativiser et à garder la foi.
Notez-vous, sur une feuille volante ou un post-it, la raison qui vous pousse à croire en votre histoire. Pourquoi voulez-vous la voir publiée ?
Cette raison, il y a de grandes chances qu’elle devienne votre phare dans la nuit.
Moi, ma raison, c’est mon envie de faire vivre des aventures à mes lecteurs. De les plonger dans un monde différent, où malgré les difficultés, on apprend à faire face.
Vous comprendrez qu’avec ça, je ne peux pas abandonner.
Donc trouvez votre raison. Et quand la déception, la douleur d’avoir échoué vous prendra à la gorge, relisez cette raison. Laissez-vous hisser hors de l’eau et y croire de nouveau. C’est le rappel de pourquoi vous écrivez et pourquoi vous vous infligez tout ça. L’écriture est un marathon, on l’a déjà dit, mais ce qu’on ne dit pas assez, peut-être, c’est que si vous souhaitez être publié, la ligne d’arrivée n’est pas le point final de la réécriture. La course continue lorsque vous soumettez votre roman. C’est là que tout se joue vraiment.
Voilà. Si vous aussi, vous avez reçu un refus récemment, je suis de tout cœur avec vous et j’espère que cet épisode vous aura apporté un peu de réconfort. Savoir que l’on n’est pas seul, ça aide toujours un peu.
En tout cas, je vous dis merci de m’avoir écoutée. Si cet épisode vous a plu, soutenez-moi en laissant une note sur votre application de podcast, en vous abonnant si ce n’est pas déjà fait et en partageant cet épisode.
Et comme la gloire n’est pas encore au rendez-vous, vous pouvez me soutenir en m’offrant un café à l’adresse buymeacoffee.com/aecriture. Cela m’aide un peu financièrement et ça me permet de me concentrer sur l’essentiel : l’écriture. De ce podcast, de formations pour vous accompagner plus loin et aussi, de mon propre roman.
Sur ce, on se retrouve bientôt pour un prochain épisode.
En attendant, c’était Isa d’æcriture, amour sur vous et écrivez bien !
Qu'avez-vous pensé de cet épisode ?
Isabelle Naneix EI - aecriture
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