Ep4_ Au secours, je m’éparpille !

Épisode 4

Éparpillement et objet brillant

Hello !

Bienvenue, j’espère que vous allez bien. C’est déjà le 4e épisode et si vous êtes toujours là, c’est peut-être que le podcast vous plaît. J’ose espérer que c’est le cas et que vous êtes aussi content de me retrouver que je le suis de prendre le micro. Je vous avoue que ce n’est pas un exercice facile, mais je prends beaucoup de plaisir malgré tout à vous parler comme ça, à cœur ouvert sur les sujets qui font la vie d’auteur. C’est une vie tellement riche et pleine de surprise, que je vous souhaite de la vivre le mieux possible.

D’ailleurs, tant qu’on parle de ça, parlons de ce qui nous amène aujourd’hui. Est-ce que le titre de l’épisode vous parle ? Perso, c’est mon lot quotidien !

J’ai ce qu’on appelle, le syndrome de l’objet brillant. Pour faire court, c’est le fait d’aller à fond vers un centre d’intérêt avant d’être happé par un autre, puis un autre, puis un autre, au détriment de ce qu’on a déjà commencé. C’est un syndrome, même si c’est un abus de langage de parler de syndrome, mais bref, c’est un syndrome très répandu dans la société humaine et carrément décuplé par les réseaux sociaux.

En fait, l’Homme, avec un grand H, a toujours dû s’intéresser, être curieux pour se développer et créer de nouvelles manières de se protéger, de manger, de vivre ensemble. L’objet brillant est donc en quelque sorte inscrit dans notre ADN. Pour le meilleur et pour le pire.

Et pour moi, c’est un petit peu pour le pire. J’ai toujours eu ce syndrome de l’objet brillant et le problème c’est qu’il se met toujours en mode hard. Je suis très curieuse de beaucoup de choses, et je me laisse entraîner par mes passions, parfois jusqu’à dépenser des milles et des cent en livres, en carnets, en tout ce qui peut être utile sur le sujet ou pour l’activité. J’ai dix mille livres sur les poisons et le true crime, 4 toiles de peintures au numéro que je n’ai jamais fait, un équipement d’aquarelle complet au placard, 3 canvas de broderie cachés quelque part et 2 applis de danse pour en faire mon nouveau sport du moment.

Et si les poisons et les tueurs en séries restent toujours dans un coin de ma tête (y a des choses qui ne changent pas, heureusement), je perds beaucoup de temps, d’énergie et d’argent aussi, à m’éparpiller de la sorte. Parce qu’en plus, je déteste ne pas finir quelque chose. C’est ridicule à dire après vous avoir fait la liste de mes projets abandonnés, mais c’est vrai. Parce que même si je les ai laissés de côté, je ne les ai pas vraiment oubliés. Les savoir là, inachevés à côté de moi me provoque d’ailleurs un gros gros sentiment de culpabilité.

« Tu as encore échoué à t’y tenir », « tu ne finis jamais rien » « t’es nulle »… Vous voyez le genre. Ce qui fait que je ne les considère jamais réellement remisés et ils traînent toujours dans un coin de ma tête. Ils me bouffent une grosse part de mon énergie alors que je ne fais rien pour eux.

Et c’est vrai pour ça, mais aujourd’hui, c’est encore plus vrai pour mon activité.

Depuis ma reconversion, je suis devenue entrepreneure et ce syndrome de l’objet brillant est une vraie malédiction. Quand on doit se gérer soi-même, il est difficile de faire le tri entre ce qui est de l’objet brillant et ce qui est réellement une priorité.

Pour développer aecriture, j’ai plein de projets. J’ai commencé à me former, mis en place plein de trucs pour avancer sur tout à la fois. Parce que tout me semble important.

Mais en fait, j’ai oublié quelque chose qui devrait être encore plus important.

Pourquoi je fais tout ça.

Lorsque j’ai décidé de quitter mon job dans la pub, c’était parce que je n’en pouvais plus, que j’avais le milieu de la pub en horreur et que je m’étiolais à petit feu. Mais c’était aussi que je voulais avoir un job qui me permettrait de trouver le temps d’écrire, plus facilement, en tirant moins sur la créativité dans la journée pour pouvoir être pleine d’énergie pour me mettre devant mon clavier.

Mais vous avez vu le résultat. Comme je vous l’ai dit dans l’épisode 1, j’ai un gros blocage depuis quelque temps et je vous avoue que cela m’arrive souvent. Je suis exténuée de courir partout, de devoir m’occuper de tout plein de choses à la fois, qui n’avancent pas parce que je m’éparpille.

Et du coup, j’ai fait un burnout, toute seule. La quantité de travail à faire m’a terrifiée d’un coup. Et sans que je ne puisse rien faire, j’ai lâché. Pendant quelques semaines, je n’ai pas pu faire grand-chose. J’ai procrastiné comme jamais. C’était fou. Dès que je commençais à me lancer dans une tâche, j’avais envie de dormir. Mais genre vraiment, dormir. Je me suis écroulée, littéralement.

Alors je faisais toujours le minimum, parce que la peur était toujours plus forte. La peur de vous décevoir, de perdre des abonnés parce que je ne postais plus. Mais le cœur n’y était pas. Je ne faisais plus de story. Je n’étais pas présentable et j’avais la tête vide. Je ne savais pas quoi vous dire. Je ne pouvais pas vous parler de mon quotidien, je ne faisais rien d’intéressant.

Et si je vous en parle aujourd’hui, si ce podcast a vu le jour, finalement, c’est parce que j’ai recentré mon attention dessus. Ça a été difficile, mais j’ai repris pied petit à petit. Enfin, je reprends pied. Le travail est encore en cours et la moi du mois de juin, qui vous parle en se projetant un mois plus tard, n’a toujours pas rouvert scrivener. C’est en projet, avec des étapes step by step pour reprendre goût à l’écriture. Ce que je vous conseille sur æcriture, je me l’applique à moi-même aujourd’hui. Un pas à la fois.

Mais c’est difficile, je ne vous mentirai pas. Et je sais que vous pouvez sentir cela aussi.

S’éparpiller, perdre son énergie, on le fait tous. Volontairement, ou sans s’en rendre compte. Et c’est ce qui, comme moi, peut vous pousser à arrêter d’écrire.

C’est pour ça que je vous en parle avec cet épisode. Parce que ce n’est pas une fatalité et que si vous vous sentez ainsi aujourd’hui, il n’en sera pas forcément de même la semaine prochaine. Il faut juste s’arrêter, s’accorder du temps et démêler ce qui ne va pas.

Pour relancer la machine, je me suis demandé ce qui était le plus accessible actuellement, pour moi.

Était-ce mon projet de formation ? Non. Je n’ai jamais écrit de formation, je n’ai pas terminé de lire les différents ouvrages dont j’aimerais vous parler et je n’ai pas encore définit mon matériel ni la tête finale qu’elle aura. Donc la formation verra le jour, car c’est quelque chose qui me tient à cœur, mais elle demande encore beaucoup pour être achevée.

Si ce n’était pas la formation, est-ce que cela pouvait être le lancement des séances individuelles de coaching ou de mentoring ? Je ne m’en sentais pas capable. Il fallait que je potasse mes cours encore, que je fasse le point sur les outils et l’articulation des séances. Et puis il fallait que j’interagisse avec vous. Que je vous donne ma meilleure positive attitude afin de vous booster. Mais j’étais au fond du trou. Je n’avais aucune énergie à vous transmettre. Bon il a fallu que je me lance quand même, à cause de la deadline de ma certification, mais on en reparlera peut-être.

Bref.

Alors ensuite, qu’est-ce que j’avais devant moi ? Le podcast ? J’étais en pleine lecture du livre de Safia Gourari, Build your podcast (que je recommande d’ailleurs à quiconque voudrait lancer le sien), j’avais les grandes lignes, quelques brouillons d’épisodes. Cela me semblait donc le plus accessible. La seule chose qui manquait était un vrai micro, afin d’avoir une qualité sonore minimum. Alors je m’y suis mise, doucement. Et peu à peu, j’ai fait ma vignette, j’ai écrit la description, l’épisode zéro, préparé le lancement et l’organisation. Je me suis dit, « ok, tu ne fais rien d’autre, à part tes posts, mais tu fais ce lancement ». Après, une fois lancée, ce sera du roulement.

C’est comme ça qu’aujourd’hui, vous écoutez ce 4e épisode d’æcriture. Parce que j’ai accepté de prendre mon temps, de revoir mes ambitions à la baisse et de me concentrer sur une chose à la fois. Je sais que je recommencerai à m’éparpiller dès que mon énergie sera au top, mais ce n’est pas grave. Certaines choses seront déjà en place et je verrai bien comment cela avance.

Alors, avec mon expérience, on peut se dire que l’objet brillant, c’est vraiment de la mouise, pour ne pas dire autre chose. Et parfois, ça peut l’être. Mais en tant qu’auteur, cet objet brillant, c’est aussi le signe que l’on a envie de découvrir plein de choses. De dévoiler toute sorte d’univers. Et c’est aussi ça, la force de l’écriture.

L’objet brillant n’est pas le problème, en fait. Le problème, c’est notre capacité à se laisser dépasser par lui. À se laisser marcher dessus par lui. Et à se culpabiliser pour s’être fait avoir. Alors qu’avec un peu d’indulgence, on peut transformer cet objet brillant en force.

Le mécanisme de l’objet brillant nous pousse à nous dépasser, à nous plonger hors de notre zone de confort. Mais il faut tenir sur la durée. Ne pas hésiter à se recentrer et à faire le point, ce que je n’ai pas su faire avant de déconnecter et de ne plus savoir rallumer la machine. En vrai, j’aurais dû me faire une feuille de route pour le retour de vacances, afin de savoir les prochaines étapes à valider et la direction globale que je voulais pour aecriture.

Et c’est pareil pour votre roman. Vous avez sans doute plein d’idées qui virevoltent dans un coin de votre tête, une envie d’explorer tel ou tel univers qui germe dans votre esprit. Eh bien faites-le. Mais avec discernement.

Par exemple, vous n’êtes pas obligé de ne lire que de la fantasy pendant que vous écrivez votre récit de fantasy. C’est un conseil que j’avais lu je ne sais plus où, mais je le trouve un peu débile. Si c’est ce qui vous booste, rien ne vous empêche de le faire, bien sûr, mais à moins que vous ne soyez de ceux qui écrivent leur roman en 3 mois, vous allez quand même finir par trouver le temps long.

Et c’est pareil pour tout. Pour rester concentrer, vous n’avez pas besoin de vous emmurer dans ce qui s’apparente à votre écriture. Justement. Servez-vous de l’objet brillant comme d’une palette de couleur. Ne lui donnez que l’importance qu’il mérite : celle de l’inspiration.

En fait, c’est plus un problème d’organisation. Pour savoir gérer le syndrome de l’objet brillant, il faut, déjà être au courant qu’on en est le jouet, mais surtout savoir gérer son temps et son implication sur le sujet du moment. Le but étant de garder un maximum d’énergie pour ce qui compte : votre écriture. Si votre objet brillant du moment n’a aucun rapport avec votre livre, ne vous accordez pas beaucoup de temps ou d’énergie pour ça. N’allez pas le délaisser complètement, ce n’est pas ce que je dis, mais remémorez-vous votre objectif principal : finir votre roman. Cet objet brillant vous servira sans doute plus tard, donc vous n’avez aucune raison de le jeter à la poubelle, mais votre énergie et votre temps doivent aller en priorité vers votre objectif. Donc on s’organise, on prend des notes, on lit sur le sujet, mais on n’y passe pas la semaine entière, on ne rogne pas sur nos rendez-vous d’écriture.

Et dans le cas où votre objet brillant s’accorde fabuleusement avec votre histoire, là on est presque sur un jackpot. Mais attention. Une nouvelle idée qui arrive pendant l’écriture peut également vous bouleverser. Qui dit nouvelle idée, dit « comment on l’intègre à l’histoire ? » et parfois, bah c’est au détriment de tout ce qu’on a écrit avant.

Je le sais, je l’ai vécu c’est pour ça qu’il y a eu une réécriture totale de mon premier roman alors que j’en avait écrit déjà les deux tiers, facile. Et j’ai eu raison, hein. Mais ça aurait pu quand même mal se passer. J’aurais pu être totalement déprimée devant le travail à fournir pour tout réécrire. Parce que dans mon cas, ça changeait presque tout. Sincèrement, j’ai dû m’accrocher, mais cet objet brillant a vraiment comblé pas mal de lacunes qu’avait mon histoire. Mon roman est loin d’être parfait, il y a encore des objets brillants qui m’arrivent en pleine face alors que j’aimerais trouver la force d’avancer sur mon tome 2.

Mais j’aimerais qu’on ne diabolise pas totalement l’objet brillant.

Car outre le fait qu’il soit ou non intéressant pour votre récit, l’objet brillant, s’il n’est pas juste une excuse pour ne pas s’impliquer dès qu’une tâche se complique ou demande un peu d’effort, il est extrêmement bénéfique pour notre cerveau et notre développement cognitif. Car généralement, il s’agit d’un changement, d’une nouveauté dans notre vie. Et le changement ou la nouveauté, c’est très important pour garder un esprit en bonne santé. C’est comme ça qu’on s’aère l’esprit. Qu’on lui donne de quoi souffler pour reprendre du bon pied. Ça active l’hippocampe et on est à même de mieux réagir au stress et à mieux s’adapter. Vous avez sans doute déjà entendu dire que le cerveau est comme un muscle qu’il faut entrainer. On est totalement là-dedans avec l’objet brillant.

Tout ça pour dire qu’il faut faire la différence entre objet brillant et éparpillement. L’éparpillement, c’est le côté négatif, le côté sombre de l’objet brillant. Celui où on perd notre énergie, notre argent et notre estime de nous-même. Alors que l’objet brillant est une preuve de curiosité, d’envie, de vie. Qu’il faut juste l’entretenir de la bonne façon et pour les bonnes raisons.

Ce que j’aimerais maintenant, c’est savoir si vous êtes touché par le syndrome de l’objet brillant, si c’est un terme que vous connaissiez ou si vous le découvrez avec cet épisode et surtout, si vous souffrez, comme moi, d’éparpillement. J’espère en tout cas que ce podcast aura su mettre des mots sur un ressenti partagé par beaucoup.

Et si vous souhaitez aller plus loin et que le mentoring vous intéresse, vous pouvez me contacter directement en DM sur instagram ou sur mon site via le formulaire de contact.

Sur ce, moi je vous dis merci de m’avoir écoutée, j’espère que cet épisode vous a plu. Si c’est le cas, je vous demanderai de laisser un commentaire sur votre application de podcast, de vous abonner afin de rester au courant des nouveaux épisodes et de partager le podcast, c’est super pour le référencement et ça me soutient énormément.

On se retrouve bientôt pour un prochain épisode.

En attendant, c’était Isa d’aecriture, amour sur vous et écrivez bien !

Qu'avez-vous pensé de cet épisode ?

Isabelle Naneix EI - aecriture

© crédit photo : Pexels : Anna Shvets

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